1913 résultats

Carnet N, 1905-1907 - Page 114

110 sous la pluie. Elle tient sous son aisselle sa quenouille garnie d'étoupe épaisse. - "Il ne fait pas beau temps pour se promener" me dit-elle ; et je réponds : - "ni pour filer" - "aussi on ne file pas". Le chemin - ruisseau débouche sur la gde route. Un poteau du Touring-Club,...

Carnet N, 1905-1907 - Page 115

111 pièce ouverte et habitée : Mme Gostling me fait observer, qu'avec ses vaches couchés ou debout, de toutes tailles et de toutes robes, elle ressemble à la crèche de Bethléem. Les bonnes bêtes sont là en silence ; on n'entend que le tintement de leurs clochettes quand elles...

Carnet N, 1905-1907 - Page 116

112 ce Tréhorenteuc. Au premier coude du chemin, vieux manoir à grand porche et petit porche, avec écusson martelé au dessus du premier : une tourelle le flanque. Derrière il y a une espèce de galerie, comme Lécuyaie, sur la route de Plélan et son mur est de bois croisé, et de...

Carnet N, 1905-1907 - Page 117

113 1823, M. Brogard recteur." Nous entrons : c'est exigu, sombre, pauvre et sale. Tout de suite à droite de la porte une grille, comme d'un tombeau et couchée sur une barre transversale, la statue en bois d'une sainte, jeune, en robe rose avec plaid bleu, que l'on a fleurie de qques...

Carnet N, 1905-1907 - Page 118

114 nous exhibe la bannière qui paraît très ancienne et très belle, quoique petite. Sur une de ses faces, est représenté le Christ en croix, entre St Jean et la Vierge, sur fond de soie écarlate ; mais la face la plus intéressante est la seconde. On voit apparaître la Vierge à...

Carnet N, 1905-1907 - Page 119

115 Nous revenons dans le soir par la haute forêt, où nous rentrons au delà du village dit Folle-Pensée. La fontaine de Baranton est sur notre gauche, sur l'autre versant, ds les landes de Lambrun. Le route file droite, avec des montées et des descentes presque vertigineuses : Au bas...

Carnet N, 1905-1907 - Page 120

116 A 3 Km. de Paimpont, comme on arrive aux Forges, à droite de la route, dans la descente, au carrefour, poteau de "La Butte aux Plaintes". - Les Forges : la maison du garde principal, le Chenil. La vieille chapelle changée en un bûcher. A 1200m des Forges est le "Pont du Secret" juste à...

Carnet N, 1905-1907 - Page 121

117 sur la route nationale de Plélan (4k,800) à Ploërmel (20 Km). Sur la route de retour, le moulin à écorce de la Forge Basse - L'eau qui y passe, venant des Forges, c'est l'Aff, et le pont (le 2e) sur la route de Redon s'appelle le Pont d'Aff. Dans le cloître de Paimpont, les arceaux de...

Carnet N, 1905-1907 - Page 122

118 Les herbes dont la fontaine de Barenton est encombrée (crinières verdâtres et flottantes) sont des sortes d'algues appelés fragilaria. Ce sont elles qui conservent sa fraîcheur à la fontaine : La fontaine verras qui bout : S'est elle plus froide que marbre. (Chrestien. - Yvain....

Carnet N, 1905-1907 - Page 123

119 "Nous allons avoir de la pluie, car on entend mugir la fontaine de Barenton". Est-ce parce que Barenton est au S. O. de Muel et s'agit-il de vent de suroît, qui amène toujours de la pluie ? Le Serein, "vent froid et fort, qui naît presque ts les soirs à Barenton par les gdes...

Carnet N, 1905-1907 - Page 124

120 consiste à tremper le pied de la croix ds la fontaine. (On invoque St Mathurin, en ce cas, comme patron de la source, et pour la sanctifier). On s'y rend toujours en neuvaine, des villages voisins, pour demander de la pluie. La fontaine guérit aussi de la gale. Le perron n'est pas un bloc...

Carnet N, 1905-1907 - Page 125

121 de Trécesson : il est 9h1/2. Nous avons passé Beignon, puis traversé le haut pays, sur le versant duquel se trouve Campénéac. Tout ce pays est très beau, mais a d'abord l'aspect morbihannais, moins clair, un vert plus noir que le pays d'Ille-et-Vilaine, - puis l'aspect du Ménez,...

Carnet N, 1905-1907 - Page 126

1907 Paimpont

Carnet N, 1905-1907 - Page 127

122 les hauteurs sur la gauche, quand on vient. Chez Foulon, il y a six officiers en pension pour un mois, - venus pour la carte de l'Etat-Major. Ils se développent d'ailleurs devant nous pendant le déjeuner : l'un, discret et l'air intelligent a nom Gail. Mais celui qui "tient le crachoir"...

Carnet N, 1905-1907 - Page 128

123 faire marcher sa maison. Le dimanche elle sortait, mais pour aller chez le boucher, l'épicier, ses ordinaires fournisseurs, et, comme j'admire son héroïsme, elle me répond très simplement qu'elle n'avait jamais eu le temps de penser à autre chose, ni d'écouter les jeunes gars d'alentour...

Carnet N, 1905-1907 - Page 129

124 à droite l'aile dix-septième siècle que ce gardien nous a fait visiter (escaliers en bois, marches faites de madriers imitant les blocs de pierre de l'escalier féodal. - Gdes pièces à boiseries déclinquées. Vieux portraits en train de s'écailler par l'effet de l'humidité et de...

Carnet N, 1905-1907 - Page 130

125 en fleur. - La terrasse bâtie est plantée de vieux hêtres et de frênes. Bruit du vent, silence humain. - Ns repartons. Je m'en vais seul, pendant que Gélard répare une fois de plus. Le colombier, la fuie seigneuriale, très monumentale, à droite de la route qui va sur Beauvais, passé la...

Carnet N, 1905-1907 - Page 131

126 les tournants par l'ancien chemin de montagne qui, lui, filait droit, par le plus court, et qui a l'air d'un faisceau de sentiers couleur de pourpre. Comme végétation, des ajoncs arborescents, des fougères d'un vert délicat et des bruyères en fleur, avec quelques pins où le vent chante...

Carnet N, 1905-1907 - Page 132

127 avec rivière. On gravit le Ménez, de Néant à Loyat, une petite gare montagnarde, fleurie de sureaux et de roses et abritée derrière l'éternel rideau de sapins des stations de cette ligne somnolente. Relevé à Ploërmel : Davalo. - Amable Chefdor, mécanicien. - Maison du XVIIe...

Carnet N, 1905-1907 - Page 133

127 J'envoie une pensée aux Mânes du Frère Irénée qui mourut ici. Partout je retrouve des mes morts, sur cette terre de Bretagne ! Passé à la Lande de Mi-Voie, au sommet d'un côteau d'où l'on découvre un magnifique horizon, vers le Sud, - surtout de l'éminence qui suit, laquelle est...

Carnet N, 1905-1907 - Page 134

129 par le "département". L'auberge en question a pour enseigne : "A la chaumière des Trente". Nous filons sur Josselin, la vraie vieille petite ville féodale, de beaucoup plus originale et intéressante que le médiocre Ploërmel où il ne subsiste, somme toute, que l'église. - On dévale...

Carnet N, 1905-1907 - Page 135

130 reviendrons. Mais d'abord contemplons l'effet des belles gargouilles qui se profilent aux deux flancs du vaisseau, plus remarquables encore que celles de Ploërmel, parce que plus monstrueuses et plus allongées, tendant sur la ville leurs formes de bêtes apocalyptiques, celle-ci en serrant un...

Carnet N, 1905-1907 - Page 136

131 qu'elle aima sans doute, - et dont l'un à l'air de se curer les dents avec une de ses pattes qu'il se plonge dans la gueule. Grâce adorable de cette sculpture : Clisson a l'air d'un chef chouan, jeune et imberbe, la figure rose, les cheveux longs et bouclés, les mains jointes, dans son...

Carnet N, 1905-1907 - Page 137

132 fermé, du côté de la chapelle par une boiserie, portant naturellement le nom d'Alain sculpté en gothique (c'est le nom du duc actuel) et permettant d'entendre la messe par une double rosace en pierre qui donne sur le chœur. Nous passons de l'autre côté de l'église, où est la chapelle...

Carnet N, 1905-1907 - Page 138

133 de ce que j'ai eu à noter ds l'église. Ns sommes ensuite descendus au château, par la porte de la conciergerie. Le concierge très stylé, passe sa jaquette d'alpaga pour nous accompagner, en s'excusant de ne pouvoir ns faire voir le salon, parce que les Rohan et leurs invités - des...

Carnet N, 1905-1907 - Page 139

134 du faux luxe criard, hurleur, du luxe casino et café concert du château de Combourg. Les meubles eux-mêmes simples et légers : une crédence, deux tables carrées, grande et petite, tout cela laissant son ampleur à la pièce où pénètrent les rayons du soleil déclinant, allumant la...

Carnet N, 1905-1907 - Page 140

135 où Mie Antoinette appliqua ses beaux yeux ; il y a le collier d'une Chabot, donné par Jean de Castellane ; il y a l'armure du duc de Berry, et un morceau de la robe de soie blanche que portait sa femme à l'Opéra, le jour où il fut assassiné, et où se voient encore, quoique...

Carnet N, 1905-1907 - Page 141

136 splendide, grande flambée d'avant le couchant, qui avive les pelouses charmantes, à la française, et donne tout leur lustre aux corbeilles héraldiques des parterres. J'écris quelques lignes sur la table placée en plein air, dans la demi-lune d'une des tours. On domine de là toute la...

Carnet N, 1905-1907 - Page 142

137 Comme je cause avec eux, cri de surprise : c'est Du Camper, - né natif d'ici - qui me reconnait et qui tient immédiatement à me présenter à la duchesse. Ns rentrons au château, lui et moi : on ns apprend que la duchesse est à l'église. Ns allons l'y chercher : elle est au...

Carnet N, 1905-1907 - Page 143

138 mélancolique, - funéraire, pour être plus exact. Par moments, du haut des crêtes déployées en longues houles, des vues, des échappées immenses, tout un large horizon circulaire se développant très loin, avec ces teintes d'un bleu noirâtre, si caractéristiques de cette région. Des...

Carnet N, 1905-1907 - Page 144

139 Ce vendredi matin, 13 sept. 1907. L'hôtel où j'ai couché à Auray s'appelle l'Hôtel du Pavillon d'en Haut et est tenu par Malézieux. - Enseigne de coin, à Auray : "Au bon vin de Vallet" - Nom de débitant : Podras. - Des auberges s'appellent : "A la descente des Bellilois,...

Carnet N, 1905-1907 - Page 145

140 et des pèlerines, celles-ci en jolies coiffes à auvent d'alréennes, exhibant les jupons violets ou azurés. Une voiture de jeunes filles de l'Ile aux Moines que j'ai reconnues ce matin en achetant à Auray des journaux de mode pour broderies, l'une d'elle boitillant. Tout le long de la route...

Carnet N, 1905-1907 - Page 146

141 devant la petite place envahie par les marchands ambulants et leurs étalages. Un carrousel surmonté d'une image de cheval au galop encombre presque toute la place, encore voilé de ses tentures. Il fait soleil ardent, c'est d'un bleu léger, teinté de gris de lin ou planent des flocons...

Carnet N, 1905-1907 - Page 147

142 Rencontré au Musée M. Keller l'Alsacien type, qui a provoqué les fouilles du Mt St Michel et qui continue de s'y intéresser de toute son âme et de toute sa bourse. Sur la place, il me présente à Le Scour, un douanier léonard qui a pris sa retraite ici et y compose des poésies...

Carnet N, 1905-1907 - Page 148

143 représentant des vaches qui seront peut-être ses seules sectatrices de l'avenir. Une des vaches amenées commence par une pissée et le plus triste, c'est que cela tombe sur un sol jonché de confettis multicolores - qui semblent bien devoir être l'unique couleur locale des temps futurs....

Carnet N, 1905-1907 - Page 149

144 Nord, niche de "Intron Varia - Lotivi, gouarnourès er Vro a Guibérèn - Pedet aveit omb". Ex-voto. Autre niche où il y avait "le bon Dieu mort", me dit une vieille. Autre inscription brodée sous verre : "Notre Dame de bonne secours priez pour nous, o douce mère, et sauvez la...