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Carnet EF, 1897-1905 - Page 114

111 vont à pied, des femmes du Menez aré, de Huelgoat, de Poullaouen. Une poussière immobile flotte en nuées sur la bourgade. Dans les voitures passent quelques hommes ivres ; on les a relégués en arrière et ce sont les femmes qui conduisent. Et maintenant me voici dans ma chambre....

Carnet EF, 1897-1905 - Page 115

Notules ce matin, sur les huit heures, devant l'autel. Des paysans, un peu ivres, sans doute depuis la veille, passent, se serrent longuement les mains, se quittent. L'un d'eux, en veste à queue de pie, en chapeau à larges bords, en pantalon de berlinge bleu de prusse, à demi-collant, dit à...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 116

113 à peine, une béquille garnie de haillons dans sa main droite, sur laquelle elle s'appuie en se traînant et en priant. Deux autres la suivent, se dandinant comme elle sur leurs genoux d'un mouvement de barrique qui roule. Au dehors retentissent les appels des mendiants, leur jérémiade...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 117

GRET GANT Y:TANGUY DA Y:TOQUER. 1820. La cuisine est éclairée par le jour vert des arbres du cimetière. Des femmes mangent là, gaîment, le pardon fini. Nous sommes venus à Trégastel-Primel, cette après-midi du 24 juin. En longeant la grève pour gagner les Chaises de Primel, nous suivons...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 118

115 phare de l'île de Batz. Ici, sous mes pieds, c'est une vraie terrasse d'Elseneur, à plonger sur l'abîme. Ici sans doute, vint s'asseoir l'antique anachorète qui a laissé son nom à la région. Je rencontre là-haut un touriste inattendu, homme vénérable, qui déplore ce Kreiz Ker...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 119

et se tiennent gravement en contemplation devant les jeunes filles qui, selon le rite, leur ont confié leurs parapluies (cela s'appelle ici faire chénadek. Nous avons assisté à Saint-Jean au défilé de plusieurs de ces groupes de jeunes couples faisant chénadek, le galant portant le...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 120

117 à l'une des fenêtres de ma chambre. Ces hôtes sont exquis et le site est vraiment beau. Dans l'obscurité, un bruit bat, c'est la mer lointaine, là-bas, vers le Touron et les roches de l'entrée : ce bruit de mer est doux et triste, mêlé à des bruissements légers de feuilles...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 121

118 à cause de l'enveloppement complet de la tête par la coiffe). A l'oratoire de Loretta, à Plougasnou, on porte aussi la première chevelure que l'on coupe aux enfants, lorsqu'ils ont la tête malade, pour demander leur guérison. C'est du moins ce que m'a dit ce matin la vieille Anna qui a...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 122

119 Saint-Jean, un peu au-dessous du fantun (prononciation locale) de funtun Meriadek. C'est cette fontaine St. Jean, et non celle que l'on m'avait dit d'abord, qui fournit de l'eau à la Vommen du cimetière : il y a un canal souterrain, eur gorzenn. Autrefois cette fontaine était fermée...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 123

tout à l'heure va encore imposer aux têtes des pèlerins défilant autour du pilier sacré, puis un autre calice avec les apôtres en émaux d'un travail remarquable. Quant aux bannières, les deux anciennes sont maintenant au musée de Morlaix, me dit le recteur. La grande bannière actuelle,...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 124

était quelque peu déplorable. Il y en avait plusieurs qui justifiaient cette réputation, et cela suffisait pour faire englober toutes les femmes. Il y avait même des préposés (on appelle ainsi les hommes qui surveillent) qui abusaient de leur situation pour détourner les jeunes filles de...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 125

122 le travail fait dans les cadres (grandes carrées avec toiles métalliques pour soutenir les cigares). Les préposés leur donnent une étiquette nominative correspondant à leur numéro personnel (elles ont toutes un numéro d'ordre), puis les hommes viennent prendre ces cadres pour les...

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le samedi, au mois d'août, et cela ne finissait que le samedi suivant. Cela consistait à attacher des couronnes de fleurs à la conciergerie, puis à la porte du régisseur, puis on allait en bandes danser au champ de bataille, à côté de la manufacture, un petit terrain planté de tilleuls...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 127

124 pas 75 hommes de syndiqués). Il y a eu des directeurs qui se taillaient de véritables harems parmi les ouvrières (en particulier M. Veill). C'est même, paraît-il, à peu près général. La sortie se fait à 6 heures. Autrefois, les cigarières étaient fouillées par des "fouilleuses",...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 128

ramassées là-dedans éprouvent de la faiblesse, des nausées : Mme Le Bouc a mis dix-huit mois à s'accoutumer à l'odeur. Il est interdit de mettre le cigare dans la bouche (on était puni autrefois pour cela), mais on le met tout de même pour faire le bout. Il est interdit aussi de...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 129

partent les différentes provisions des cigarières qui travaillent à la confection de cigare. Il y a quelquefois des préposés qui sont séduits par les jolies cigarières. Ainsi un d'eux, épris d'une ouvrière, et d'ailleurs, père de quatre enfants, partit avec cette enchanteresse plantant...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 130

127 Passé la journée d'aujourd'hui - samedi 25 juin - à Morlaix. C'est chez Cloarec que Mme Le Boulc'h m'a raconté ce qui précède sur la vie de la cigarière. Dans l'après-midi, je suis monté jusqu'à Kernéguez où est bâti le collège, pluie battante ; je remarque combien...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 131

128 Saint Jean eut fait le tour du bûcher avec la procession, il franchit l'échalier de la fontaine, alla à la source et y trempa le doigt, sans doute pour communiquer à l'eau, pour l'année, la vertu de la relique, ou faire, en quelque sorte, du dour ar bis, comme dans l'église. Propos...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 132

129 faire les cliques morlaisiennes. Nous continuons ensuite par l'espèce de chemin de halage qui aboutit au gravier de la grève, et nous entrons dans la propriété de M. [Swinery?] (Paul-Halec). On découvre au loin l'embouchure. La mer est lisse et reflète les...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 133

130 aperçoit assez nettement à droite les maisons du Dourdu- en-mer, ces jolies maisons blanches et claires de ces parages, puis le promontoire de Kerarmel au-delà, et enfin la pointe de Kernénès qui ferme la rivière, de ce côté, au fond de l'horizon... V. la suite ci-dessous. La...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 134

des maisons blanches aux fenêtres assez grandes, encadrées de pierres de taille, avec des jardinets devant ceints de grilles de bois peint en blanc, en vert, en rouge brun. Tous les hommes de ce pays-ci sont marins au commerce ou à l’État. De là, cet air d'aisance et de propreté. Voici...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 135

132 mais avec un fronton de bois bizarrement dentelé. Sous le porche deux pierres tombales contenant les ossements dit une inscription de deux sœurs Le Gac de [Lansalot?] dont la famille est, paraît-il, originaire d'ici. Il y a encore des...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 136

133 combien on est gai en ce pays. Tous les dimanches on danse, l'hiver, dans une salle d'auberge assez vaste, l'été sur la place, ou sur la Paluden dans la grève. On danse tantôt aux sons de la clarinette et du tambour, plus souvent au rythme des chansons. Tout le monde chante ici :...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 137

134 Postic (Yves) 24 ans, de la Forge-Neuve en Kervézellec, en Ploujean, premier commis à la sous-préfecture de Morlaix, fait Frégan. Le Sec'h (Pierre) 29 ans, cultivateur à Kerbôl, fat Astoria, Corentin, le roi des Barbares. Le Mat (Joseph) 26 ans, cantonnier à Ploujean. demeure à...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 138

135 Le 31 octobre, veille de la Toussaint (En feuilletant les chants historiques de Le Roux de Lincy. Tome 1. Chansons du XIIIe siècle. Les amours de Flore et de Blanchefleur. Ne serait-ce pas de là que viendrait comme un ressouvenir le nom de Flor, du chevalier Flor, dans le mystère de Saint...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 139

136 Pas de formes, pas d'expansion, de la sauvagerie. Que vais-je trouver dans ma tournée ? J'y vais pourtant le cœur léger." "Je transcris ici quelques impressions et pensées. "1er avril. A Brélès, soir. Soirée splendide, un peu fraîche. - Beau temps éternel. - Beaux cours d'eau,...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 140

"1er juin. J'ai eu Bernard et du Corrézou comme vicaires généraux, M. Fleiter reste, il sera utile et de moins en moins nécessaire. "Il faut maintenant attaquer le taureau par les cornes. Les hommes néfastes, quand ils sont [illisibles] semblent difficiles à faire disparaître. Déjà la...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 141

apportant une note morale, en prêchant la femme de l'avare, la gagneuse d'argent, esprit populaire, enfoncé dans la matérialité. Avec cette apparition de l'amour parfait, le ton jusqu'alors populaire s'élève et atteint même une ampleur religieuse vers la fin, mêlée de belles citations...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 142

139 celui qui précède la grande faille où passe le vieux pont à moitié démoli ; le vent vous déplante ; c'est un bruit immense où la clameur même de la mer est noyée, confondue, engloutie. Cela vous a des voix infinies, multiples, changeantes, de grands accents sauvages,...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 143

140 que les protestants font assez de prosélytes dans cette région. Ce mardi-gras, 14 février, vers les neuf heures du matin par un temps voilé, très doux, et comme parfumée de printemps, malgré les odeurs morlaisiennes, je suis parti à la découverte. Je n'avais d'autre but que de...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 144

laquelle les religieuses viennent entendre la messe et qui aujourd'hui, fermée d'un rideau a un air singulièrement mystérieux. Je descends par une ruelle qui aboutit à la halle. Un ruisseau occupe le milieu et dévale de parc en parc, c'est tout à fait la rue d'autrefois avec ses deux...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 145

142 Il y en a une surtout, au fond de la place, qui attire les regards, isolée, déjetée, avec ses pauvres cheminées obliques qui n'en peuvent mais et semblent attendre l'écroulement définitif. Plus bas, nous entrons dans la cour d'un marchand de vins : là, à l'intérieur des...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 146

143 l'imprimerie Hamon que nous avons visitée tout à l'heure, le patron nous a montré des morceaux de corde de pendu clouées au mur, au dessus des casses où les ouvriers travaillaient, et qui sont des fragments de la corde utilisée par un inconnu qui s'est pendu, il y a quelque deux ou...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 147

144 qu'il s'agit de la terre. [illisible] en St Thégonnec. Les derniers propriétaires de Prat-Coz ont une source dont ils sont obligés de donner l'eau aux Joncour : ils reconnaissent cette obligation, mais ne veulent faire entrer l'eau dans le pré des Joncour que par l'endroit où ils...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 148

cette fois le père pour le rétablissement de la rigole. Jugement du 28 juillet 98 condamnant le père à rétablir la rigole, et le condamnant en 400 F de dommages intérêts. Exécution du jugement : nouvelle vente par suite de saisie le 8 décembre 1898. Acquisition des propriétés...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 149

les gens qui ont acheté les champs d'y pénétrer et de faire acte de propriétaire. La famille Deniel se compose : 1° du père, Denier Deniel les fils 2° Jean-Marie 3° François Les filles 4. Jeanne 5. Anne-Yvonne 6. Marie-Perrine, la plus terrible 7. Marie-Yvonne. Leurs immeubles ont...