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Carnet EF, 1897-1905 - Page 136

133 combien on est gai en ce pays. Tous les dimanches on danse, l'hiver, dans une salle d'auberge assez vaste, l'été sur la place, ou sur la Paluden dans la grève. On danse tantôt aux sons de la clarinette et du tambour, plus souvent au rythme des chansons. Tout le monde chante ici :...

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134 Postic (Yves) 24 ans, de la Forge-Neuve en Kervézellec, en Ploujean, premier commis à la sous-préfecture de Morlaix, fait Frégan. Le Sec'h (Pierre) 29 ans, cultivateur à Kerbôl, fat Astoria, Corentin, le roi des Barbares. Le Mat (Joseph) 26 ans, cantonnier à Ploujean. demeure à...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 138

135 Le 31 octobre, veille de la Toussaint (En feuilletant les chants historiques de Le Roux de Lincy. Tome 1. Chansons du XIIIe siècle. Les amours de Flore et de Blanchefleur. Ne serait-ce pas de là que viendrait comme un ressouvenir le nom de Flor, du chevalier Flor, dans le mystère de Saint...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 139

136 Pas de formes, pas d'expansion, de la sauvagerie. Que vais-je trouver dans ma tournée ? J'y vais pourtant le cœur léger." "Je transcris ici quelques impressions et pensées. "1er avril. A Brélès, soir. Soirée splendide, un peu fraîche. - Beau temps éternel. - Beaux cours d'eau,...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 140

"1er juin. J'ai eu Bernard et du Corrézou comme vicaires généraux, M. Fleiter reste, il sera utile et de moins en moins nécessaire. "Il faut maintenant attaquer le taureau par les cornes. Les hommes néfastes, quand ils sont [illisibles] semblent difficiles à faire disparaître. Déjà la...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 141

apportant une note morale, en prêchant la femme de l'avare, la gagneuse d'argent, esprit populaire, enfoncé dans la matérialité. Avec cette apparition de l'amour parfait, le ton jusqu'alors populaire s'élève et atteint même une ampleur religieuse vers la fin, mêlée de belles citations...

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139 celui qui précède la grande faille où passe le vieux pont à moitié démoli ; le vent vous déplante ; c'est un bruit immense où la clameur même de la mer est noyée, confondue, engloutie. Cela vous a des voix infinies, multiples, changeantes, de grands accents sauvages,...

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140 que les protestants font assez de prosélytes dans cette région. Ce mardi-gras, 14 février, vers les neuf heures du matin par un temps voilé, très doux, et comme parfumée de printemps, malgré les odeurs morlaisiennes, je suis parti à la découverte. Je n'avais d'autre but que de...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 144

laquelle les religieuses viennent entendre la messe et qui aujourd'hui, fermée d'un rideau a un air singulièrement mystérieux. Je descends par une ruelle qui aboutit à la halle. Un ruisseau occupe le milieu et dévale de parc en parc, c'est tout à fait la rue d'autrefois avec ses deux...

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142 Il y en a une surtout, au fond de la place, qui attire les regards, isolée, déjetée, avec ses pauvres cheminées obliques qui n'en peuvent mais et semblent attendre l'écroulement définitif. Plus bas, nous entrons dans la cour d'un marchand de vins : là, à l'intérieur des...

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143 l'imprimerie Hamon que nous avons visitée tout à l'heure, le patron nous a montré des morceaux de corde de pendu clouées au mur, au dessus des casses où les ouvriers travaillaient, et qui sont des fragments de la corde utilisée par un inconnu qui s'est pendu, il y a quelque deux ou...

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144 qu'il s'agit de la terre. [illisible] en St Thégonnec. Les derniers propriétaires de Prat-Coz ont une source dont ils sont obligés de donner l'eau aux Joncour : ils reconnaissent cette obligation, mais ne veulent faire entrer l'eau dans le pré des Joncour que par l'endroit où ils...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 148

cette fois le père pour le rétablissement de la rigole. Jugement du 28 juillet 98 condamnant le père à rétablir la rigole, et le condamnant en 400 F de dommages intérêts. Exécution du jugement : nouvelle vente par suite de saisie le 8 décembre 1898. Acquisition des propriétés...

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les gens qui ont acheté les champs d'y pénétrer et de faire acte de propriétaire. La famille Deniel se compose : 1° du père, Denier Deniel les fils 2° Jean-Marie 3° François Les filles 4. Jeanne 5. Anne-Yvonne 6. Marie-Perrine, la plus terrible 7. Marie-Yvonne. Leurs immeubles ont...

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Pluzunet. - Notes prises dans la monographie manuscrite de la commune que m'a communiquée M. Hervé, instituteur. - En 1816, Pluzunet n'ayant plus d'école communale, ni d'instituteur public, Monsieur Le Ménager, fournier de son état, réunissait chez lui les jeunes gens des deux sexes, et...

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gréement. - Vu pour la première fois les guides à l’œuvre avec les dames : et, ma foi, ces hommes frustes en donnant la main ne laissent pas d'avoir grand air. Des tout petits enfants aussi nous suivent, qui ont peut-être 7 ou 8 ans au plus et qui cueillent des fleurs de gazon...

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A Ploujean. 16 mai 1901 - Jeudi de l'Ascension. Si je me permets de prendre la parole, c'est que j'ai le sentiment d'être ici, en quelque mesure, la voix même du Pays breton, en exprimant ce que doit la Bretagne entière à cette humble bourgade de Ploujean. Comment pourrais-je m'y retrouver...

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note personnelle particulière dans le grand concert français, ou bien les nécessités de la civilisation, qui, n'en doutez pas, le premier des biens, exigeront-elles le sacrifice de plus en plus complet des petites variétés locales à l'unité et peut-être à l'uniformité...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 154

le zélateur infatigable de cette œuvre bretonne. Elle vous doit ses succès, elle vous doit sa durée. Vous avez d'autres titres, vous en aurez peut-être plus encore à la reconnaissance de vos concitoyens. Mais, ceci touche tous les Bretons, parce que ceci intéresse la Bretagne entière....

Carnet EF, 1897-1905 - Page 155

François Liard Les enfants qui naissent à Noël sont assurés d'être heureux. Marie-Yvonne Mainguy avait un frère qui naquit le nuit de Noël et fut baptisé le lendemain : elle était sa marraine. On ne lui demanda même pas quel nom lui donner. Le prêtre lui donna de sa propre...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 156

Quand on va chercher médecin ou sage-femme (amiegez) on appelle cela redek arc'harjo courir les haies, aller à tort et à travers, ou encore ober pourchasso. (Laur et Marie-Yvonne Mainguy) Devant les gens de la noce, quelque démarche qu'ils fissent, marchait le piétour, vêtu de façon...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 157

Morlaix, le 27 juillet 1902. Je viens de parcourir la ville en compagnie de Vincent Coat que je suis allé chercher chez lui, rue Villeneuve, 40, au deuxième étage dans une chambre proprette ma foi : sa femme était au lit (elle ne sait pas le français). Il l'appelle ma Jeanne. Sa...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 158

au Marchallac'h dans la haute ville, un lieu découvert, dominant la vallée du Jarlot, avec vue sur le bois d'amour et l'ancien château de Morlaix d'autre part. Là se creuse un ancien emplacement de maison, resté vide, où s'élevait la salle de Toussaint. Il y avait une auberge toujours...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 159

encore à la fin de l'année, quand on faisait le pointage des bénéfices, on donnait dis-je sa part à la locataire, une part d'acteur. La scène était sur des tréteaux au fond de la salle. Il y avait un endroit où l'on s'habillait. Le public était assis sur des bancs. Il y avait 2...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 160

la manufacture n'est venue à s'ouvrir pour les femmes que vers 1856. Elle avait épousé un Berder qu'on avait surnommé ma Charigo (parce qu'il disait ma chariot au lieu de dire mon chariot). Il était acteur aussi, originaire de Lannion. Elle jouait les premières. Elle jouait...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 161

ouvrier tabatier. Il n'avait pas fait d’études sauf dans les petites Écoles, chez des vieux qui faisaient école. Il s'est surtout instruit lui-même, comme Vincent aussi. Il allait voir jouer des pastorales à Morlaix (La naissance du Christ...) Et il s'était mis à en faire lui-même. Il...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 162

aussitôt le nez de Lejeune, qui faisait le Christ, commença à saigner à tout bout de champ. Il prit peur et sauta à bas de la croix, se souvenant de ce qui était arrivé à Lannion.) Une Sainte Tryphaine, Agnès de Méranie ou l’Étrangère (un de ses beaux drames, dit son fils)....

Carnet EF, 1897-1905 - Page 163

un papier qu'il porte dans sa poche et sur lequel il a écrit en capitales : "MONSIEUR DAGORN THEOLOGIEN DES MUSIQUES ET DES MERLUTONS qui SIF (fle comme un merle) ajoute-t-il oralement. Il a dans une des poches de sa veste un petit ocarinna dont il siffle du reste à merveille. Car il a...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 164

se souvient depuis l'âge de cinq ans : ses parents avaient une pièce de terre près de la chapelle, et elle allait y garder les vaches avec ses frères. Ceux-ci frottaient de la [bouse?] contre le museau des vaches pour les empêcher de manger du blé. Elles ne...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 165

parents, les Saozons faisaient les cent coups dans le pays. C'est alors que la Vierge intervint. Ar Werchèz c'hweze (suait) kement a piz gwenn D'ampich ar Saozon da dizkenn Ils avaient volé les saints et les chérubins qui se trouvaient dans la chapelle. Ils faisaient du feu avec tout cela...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 166

d'Er à cette époque. Tri uguent davad defa leret Da gass d'ho bark wit bea debret Tri ugent davad complet mad Zo êt ganthe en eur bagad Diou [illisible] lez hag eun anouer vla Zo êt ganthe meme tra. Beteg er c'har [illisible] en ti A zo êt ganthe da c'hoari. Neuze n'ho bark int embarket...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 167

feu pour s'en servir comme de brûlots, pensant que les chats iraient à terre, et ne se doutant pas que les Femmes, le Château et St. Gildas étaient des îles. Mais les chats naturellement y restaient. Un gros navire anglais attendait au large les petits corsaires. On voulut tirer sur eux...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 168

Le gardien-traître qui avait vendu la poudre fut fusillé. A partir de ce moment, toutes les nuits, il y eut un soldat dans la tour de guet de la sentinelle, criant : Qui vive ? Les parents de Marie-Cinthe habitaient alors à Roc'h [Illew?], l'endroit où...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 169

vu les canons, sur la batterie : ils étaient trois, deux de bronze et un de cuivre : il y avait aussi une fosse carrée et pavée pour mettre les boulets. On jouait avec ces canons. Marie-Cinthe a été fourrée plus d'une fois dedans. Tout à l'heure Clec'h va arriver. Clec'h...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 170

leurs dévotions dans la chapelle, recevaient jusqu'à des pourboires de 3 francs. A St. Gildas il n'y avait que des sauvages, habitant des logettes faites avec des pierres et de la terre. Il y avait jusqu’à plus de trente de ces logettes. Marie-Cinthe en a encore vu les ruines. On disait...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 171

les trois quarts du temps la chemise hors de la culotte, trous au derrière et trous aux genoux. Avant de venir à Penvénan il allait faire la classe de maison en maison et on lui donnait cinq sous par mois pour faire la classe à chaque enfant. Il n'avait pas grande instruction, mais tout...