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Carnet ZF, 1925 - Page 43

43 [page blanche]

Carnet ZF, 1925 - Page 44

44 Continuation du 23 mars Il est dix heures ; nous arrivons à Bedrachin et nous nous amarrons au ponton des Cook qui porte cette enseigne germanisée : Bedraçhein. Nous sommes sur la rive gauche, à 14 milles du Caire seulement. C'est d'ici que nous allons nous rendre aux pyramides de...

Carnet ZF, 1925 - Page 45

45 guide, lui aussi, en qu'il démontre en parlant un vague anglais et même quelques mots de Français, lorsque je lui dis que je suis du pays. Et il prononce, par surcroît, qques mots allemands, en me disant qu'il vont lui servir maintenant que la guerre est finie et que les Allemands...

Carnet ZF, 1925 - Page 46

46 guide, j'aurais vu que, dans ces palmeraies, les grandes collines de décombres, les restes de maisons en briques, qques blocs de granit et des tessons indiquent les ruines de Memphis, - de Memphis la plus ancienne ville d'Egypte qui existait peut-être avant Ménès qui passe pour son...

Carnet ZF, 1925 - Page 47

47 peau de bête que portent généralement les Pharaons et que l'on indique par des raies. Déjà avant de venir à cette statue Saleh nous a arrêtés devant une autre, plus colossale, semble t-il qui est couchée sur ses supports de brique avec sa couronne détachée de la tête et placée...

Carnet ZF, 1925 - Page 48

48 face. Tout de suite se déroule devant nous, vers le N. O., le grand paysage désertique avec sa ligne de collines chauves sur lesquelles se dressent comme sur un long piédestal de pierre et de sable une ligne de pyramides comprenant, à droite, celles de Sakkara, dont la pyramide en escalier,...

Carnet ZF, 1925 - Page 49

49 les aïeules de celles de Gizeh. Plus loin une dépression et sur une éminence voici la maison de Mariette que je ne salue pas sans émotion. Rien de plus primitif. Une grande verandah close de bois s'ouvre vers le Nord. Aujourd'hui des garçons y servent à boire et à manger aux touristes et...

Carnet ZF, 1925 - Page 50

50 à tomber. Ce n'est pas qu'on les désire, me dit Saleh qui a pris près de moi la place du guide et conduit le cheval. D'ailleurs, cela ne se résout pas en averse, et nous rentrerons sans être mouillés. Un gamin à âne se sert de ses deux mains pour dépouiller une palme afin de s'en faire...

Carnet ZF, 1925 - Page 51

51 Continuations du 24 mars. mais à des osmondes avec des piquants dont Saleh ne peut me donner le nom. Sur la rive, un jardin avec de l'herbe, de la glycine en fleurs et quelques autres massifs. Des autos nous attendent et nous partons pour la ville, d'abord au Shepheard, devant la même foule...

Carnet ZF, 1925 - Page 52

52 Et cela n'a pas laissé de flatter qque peu mon patriotisme. On repasse ensuite à l'hôtel, où qques-uns d'entre nous prennent le thé, puis nous partons enfin, avec Saleh, Kate, Mary, Francis et moi, pour le Vieux Caire dont je rêve depuis mon arrivée. Nous y arrivons à travers des...

Carnet ZF, 1925 - Page 53

53 d'abord, à notre droite et à notre gauche, court une espèce de cloître soutenu par des colonnes à chapiteaux, évidemment empruntées avec violence aux églises coptes. A gauche 2 colonnes très rapprochées laissant à peine assez d'espace pour qu'un homme assez maigre puisse passer entre...

Carnet ZF, 1925 - Page 54

54 généralement décoré de faïence ou de marbre ou peint de couleurs éteintes. Toujours des gardiens arabes, plus ou moins loqueteux et à mines de bandits à la porte pour vous passer les énormes babouches jaunes et les lacer (jaune, serin, en général). Le sol de la cour ici, très...

Carnet ZF, 1925 - Page 55

55 Je ne parle pas ici de la Mosquée Bleue et de la Mosquée rouge auxquelles nous avions fait visite avant de nous rendre au tombeaux des Califes. La merveilleuse mosquée rouge, avec son beau jardin, tout peuplé d'oiseaux. __________________ [Page de l'agenda portant la date du mercredi 18...

Carnet ZF, 1925 - Page 56

56 [Page de l'agenda portant la date du jeudi 19 février] M. Lacau m'explique ce que c'est que l'Uraeus, un serpent sacré qui se dresse sur le frontal de la couronne et qui enfle son cou comme fait en effet le serpent réel, d'où cet élargissement, directement inspiré de la réalité....

Carnet ZF, 1925 - Page 57

57 [Page de l'agenda portant la date du vendredi 20 février] Aujourd'hui, arrivée de Kate et de Francis. Nous allons les attendre à la gare, après avoir pris congé des Beaufils et de Mme Nozal. - Nous avons manqué Kate et sommes venus au Crillon où nous étions avant elle. Nous sommes...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 110

107 temple dont la représentation y figure à mainte reprise sous la forme d'une jeune femme, si les dires de Saleh sont justes. Le dieu qui revient sans cesse est naturellement celui à qui le temple était dédié, le dieu à tête de crocodile, Sobek. - Noté dans une chambre, des...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 111

108 [dessin de soleil] L'ancien nom de Silsilah était, paraît-il, Silsilis, qui me rappelle, je ne sais pourquoi, Nizilzi, Ploumilliau. Un nilomètre, rive droite, au bord du fleuve, que le Nil ne recouvre jamais. Sur les collines du désert tout proche, des tours d'anciens moulins à vent....

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 112

109 La ville se prolonge aussi sur la rive gauche, toute boisée, où un minaret pointe. Des trous comme des poternes dans les masses granitiques arrondies et pliés qui surplombent le fleuve rive gauche, avec des jardins suspendus à leurs sommets. Nous venons de nous arrêter au ponton...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 113

110 de mer basse, d'où la mer serait partie pour jamais. Traversé des cimetières et des cimetières, les uns musulmans, les autres coptes, les autres européens, ceux-ci particulièrement soignés. Le désert, mais avec des gens qui passent, des couples, l'homme marchant, la femme à...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 114

111 milieu de ce rude décor de pierre. Les jambes de nos rameurs - qui chantent par moment un rauque chant [cileumatique?], sont de la même couleur noir luisant que les roches granitiques du désert. Nous sommes assis sur l'un des sommets des pylônes : le Nil...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 115

112 maîtrisés par cette énorme digue de pierre. De place en place on a ménagé dans le parapet sud des espèces de balcons auxquels on accède par un escalier et d'où la vue s'étend sur tous les méandres de l'eau fuyante à travers les roches : à l'autre bout, autre perte d'eau...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 116

113 grands cairns sombres du désert les surveillait, semblable à quelque ibis humain, tout brillant de soleil, ou encore à quelque grand prêtre de ces solitudes pétrées, pays de méditation, de contemplation, d'hallucination, car, comme le remarque Lowell, le biographe de Lawrence,...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 117

114 de Shellal, sur le petit bras de Nil où nous avons pris les barques. Il paraît que Philae était naguère situé au milieu de ce village dont les maisons ont en grande partie disparu ou se sont transportées plus loin, à la suite de la construction du barrage. Il est midi : nous...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 118

115 la traversée s'accomplit aisément, non sans quelque alarme, certes, sans qu'il y eut grande raison d'en éprouver, car il n'y a de danger que si le bateau chavire." [Pendant que j'écris ces notes dans le writing room, le bruit ronflant, un peu comme celui d'une machine à battre, mais...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 119

116 Nos deux mêmes calèches à baldaquin nous ont menés d'abord dans la direction du Nord, en suivant tout le boulevard ombragé qui domine le fleuve et où sont les boutiques importantes ; puis nous nous sommes engagés derrière la ville, là où s'élèvent les huttes du village...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 120

117 la côte de la Mer Rouge que gagne une piste partant d'ici et connue, avec ses puits indispensables, de ces seuls fils du désert. Les femmes ont aux pieds des anneaux d'argent. [Entre parenthèses, nous en avons vu une laver son voile noir dans le Nil sur une pierre, pendant qu'un de ses...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 121

118 traversant la suite du cimetière, dont Saleh m'explique ainsi l'extraordinaire peuplement. La grande bataille par laquelle les Arabes se sont définitivement rendus maîtres de l’Égypte s'est livrée ici, et les tombes en boue, d'architecture parfois si intéressante et toujours si...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 122

119 palmeraies de l'île, la montagne d'or rose aux pentes de sable fin et lisse, avec sur la plus haute pointe, comme au haut d'un cap, une goubba toute blanche, comme un sémaphore sans mâts. Un vol d'éperviers enveloppe le bateau et, à chaque instant, s'abat pour pêcher auprès de nous...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 123

120 avoir créé à grands frais, avec de la terre rapportée, un jardin où poussent toute sorte de plantes. L'ancien village indigène d’Éléphantine occupait la hauteur où nous sommes, dominant des temples enterrés que l'on a cherché à remettre au jour et dont les énormes débris...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 124

121 eu soin de se jeter dès le lendemain de notre arrivée. Il fait très chaud, mais avec un souffle de brise toujours, et qui est vraiment délicieux. Ce 15 mars. Déjà sur la route du retour ! Nous venons de saluer Comombo au passage, sur son promontoire, planté de ricins dans le...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 125

122 L’Égypte, encore que le fanatisme Copte des premiers siècles ait ici, comme en bien d'autres endroits, piqué les personnages de façon à les rendre méconnaissables. Encore n'ont-ils pris cette peine que par places, et il y a là des sculptures qui touchent réellement à la beauté,...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 126

123 des bas-reliefs, très intéressants, en particulier les chasses en bateau (le bateau finissant et commençant par une tête d'épervier) où le principal gibier est l'hippopotame. Tout près du temple, mais en dehors est une mammisi ou maison de naissance. Je ne suis pas resté dans...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 127

124 Ce lundi 16 mars Nous arrivons à Luxor à 11h1/4 et sommes amarrés à notre ancien ponton devant le temple. Tout de suite les mouches se sont abattues sur moi : elles m'aiment décidément trop. La brise du voyage a cessé. Il va évidemment faire très chaud. - Comme correspondance...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 128

125 serpents. Tout de suite il découvre un scorpion au pied d'un palmier. Plus loin dans une ruine, il sent le cobra, et en trouve un, en effet, qu'il passe à son cou, pendant que Harry photographie la scène. Kate n'est pas convaincue. Alors, on refait l'expérience dans un jardin voisin....

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 129

126 décombres, que l'un des gardiens fait sonner. Ce son de diapason très harmonieux et très mélancolique dans le soir. Le lac sacré est à côté, avec son eau sale et ses roseaux. Le soir y mettait sa mélancolie à laquelle ajoutaient les canards sauvages, qui voguaient en troupe...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 130

127 devant l'American mission qui a ici une école de filles et une école de garçons. Mais il ne doit pas y avoir beaucoup des filles et des garçons qui, dans la journée, jouaient à demi-nues, les unes, complètement nues, les autres sur la grève, sous nos yeux, en ramassant des...