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Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 131

128 Tout le pays est vêtu de lumière. Des roucoulements de pigeons se prolongent amoureusement dans le soir. Le village de Luxor déboule dans le temple : ses enfants se roulent dans la poussière sacrée, au pied des obélisques et des statues colossales. Le profil étrange et quasi...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 132

129 il nous suffit vraiment de notre promenade de ce matin à la Vallée des Rois. J'ai vu le paysage d'après la vie : je suis descendu dans le royaume des ombres, dans le Tuat qui est quelque chose comme l'Hadès Égyptien : j'ai désormais dans les yeux cette désertique,...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 133

130 immaculé, grand, svelte, élégant, avec des gestes de la main dont il montre surtout la paume. Cette chasse au loup intuable est devenue une rente pour eux : ils ne tiennent pas à la manquer, ni Saleh non plus, semble-t-il. Harry y retournera demain matin : en attendant, il...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 134

131 ce n'est plus après toi que la lueur qu'on entrevoit d'un incendie lointain. Le ciel au- dessus verdit, prend sa teinte d'émeraude pâle. Et maintenant la lueur même de l'incendie ne subsiste qu'en quelques touches d'or très très pâles dont les nuages à peine formés de l'horizon...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 135

132 Nous entravons nos chevaux et nos vaches et nos moutons en Bretagne, mais notre procédé est moins barbare que celui des âniers égyptiens qui ligotent presque les deux pieds de devant de leurs ânes et les obligent à marcher ainsi, par bonds pénibles, comme des sauterelles sur trois...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 136

133 est grisâtre, plus du tout un ciel Égyptien. Phénomène curieux, le vent reste chaud, mais, dans l'après-midi, par instants, il s'y mêlait soudain comme un souffle plus froid sentant vraiment le septentrion. Nous avons franchi le pont de Naga Hamadi comme la nuit tombait et sommes...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 137

134 Les bruits des conversations sur la berge très peuplée viennent jusqu'à nous. Un train a passé tout à l'heure sur le pont, où la ligne passe de la rive libyenne sur la rive arabique, qu'elle suit jusqu'à son point terminus, Chellal. Car Loti a raison, le train va jusqu'à ce village...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 138

135 sommes. La chapelle de Pta procréateur avec son phallus partout. La barque solaire avec 2 éventails cette fois aux plumes bleu, blanc, rouge. - La salle de la tablette des Rois. Dans le couloir, Ramsès tenant un taureau par la queue, avec son père Seti derrière lui, avec un...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 139

136 Mots arabes en Égypte El Haouaje ou Haouaji = le monsieur, désignant l'Européen. Sitt = dame, pluriel sittat femme = Mara ou Houmé, pluriel harim Imshi = fiche-moi le camp, ne doit s'employer qu'avec des gamins. Dès qu'il s'agit de personnes ayant passé l'âge sans pitié, il vaut...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 140

137 une école primaire = [Kuttab?] un monastère égyptien = Khanga une fontaine monumentale = sabil ou sebil au revoir = [ma salami?] Said = bon matin (à un homme), Saida, à une femme Zaweya, ce que nous écrivons Zaouïa, = chapelle, - par...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 141

138 que l'histoire et leur antiquité leur donne le droit de se considérer comme une aristocratie de la prostitution. Elles prétendent que leur race se relie à l'origine à celle des Gypsies (du mot Égypte) avec qui elles ont beaucoup de coutumes communes. Les hommes sont répareurs...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 142

139 même Nouveau Monde. Après être restées un instant palpitantes l'une devant l'autre, les castagnettes constamment tenues au-dessus de la tête, les deux danseuses recommencent à marcher l'une au devant de l'autre, à s'éviter, à pirouetter, à se retrouver face à face. En...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 143

[page blanche]

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 144

140 [137 pour l'ancienne numérotation avant insertion des pages précédentes] J'ai arrêté ce carnet à la page 136, mais je continue ici un peu de notre journée du 19 mars, ne fût-ce que pour signaler le grand vent du Nord, d'ailleurs tiède, qui souffle en ce moment dans la vallée du...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 145

[page de garde]

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 146

141 Un graffiti sur le temps élevé par Ramsès II à son père Seti : C. VIDUA 1820, - à Edfou. Parmi les arbres d’Égypte, à noter l'espèce d'acacia à feuilles grêles et à longs piquants qui s'appelle un mimosa ici et dont le nom est, en effet, mimosa nilotica. Le palmier...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 147

142 sur ses genoux. Devant lui, sur la berge, il y avait une rangée de grandes cruches à eau ; derrière lui un petit chenil de boue où il se glissait, si l'envie lui prenait de dormir. Autour de lui, assis à terre, un groupe de ses admirateurs. Des gamins couraient le long de la...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 148

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Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 149

[Article de presse] Découverte d'une sépulture saxonne. - En creusant le sol, des ouvriers on mis à jour, à Lutton, une sépulture contenant quatre squelettes et des débris d'armes. Aux dires d'experts, on se trouverai en présence de la tombe de soldats saxons tués en 571, au cours de...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 150

[Article de presse du 17 mars 1925] THE GIZA TOMB. IS IT THAT OF KING SENEFRU ? MAY BE GREATEST DISCOVERY YET MADE IN EGYPT. The whole of the world of Egyptology has been set astir by the discovery of the tomb by the Pyramids at Giza. Is it the burial place of Senefru ? If so, the...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 151

[couverture]

Carnet ZF, 1925 - Couverture

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Carnet ZF, 1925 - Page 1

1 [calendrier janvier - juin 1925] A Syracuse, le gardien des Latomies prenant une feuille de papier et la faisant [illisible] de différentes façons pour nous faire entendre l'écho extraordinairement grossissant là-haut. La seule déchirure du papier se multiplie étrangement. Puis, au fond de...

Carnet ZF, 1925 - Page 2

2 [calendrier juillet - décembre 1925] Le Taj Mahal, un monument de l'Inde, tout à fait renommé, parait-il, et dont je n'ai jamais entendu parler. Dans la partie des carrières où les cordiers tirent leur étoupe, l'un d'eux vient pour nous vendre en souvenir deux ou trois bouts de ficelle. -...

Carnet ZF, 1925 - Page 3

3 guide, son lumignon à la main : il nous montre les tombeaux d'enfants, de tout minuscules berceaux creusés dans les parois : les tombes de familles formant de véritables grottes où les tombes se font suite. On y étendait le mort roulé dans son linceul et on le couvrait d'une...

Carnet ZF, 1925 - Page 4

4 A Naples, la température aigre et froide, avec de grands nuages, lourds de pluie, dans le ciel. Le ciel s'est éclairci ensuite dans l'après-midi, mais il continuait à faire singulièrement froid à bord, surtout après les merveilleuses journées egyptiennes, les jours d'or, comme ils...

Carnet ZF, 1925 - Page 5

5 Notules egyptiennes Quand vous voguez le long du Nil, vous traversez les champs du sommeil, sur chaque rive. Ce sont les longs champs d'opium tout le long de la rive. Les pavots qui fournissent le poison enchanté dressent leurs fleurs tout le long de la rive et semblent sous le soleil des...

Carnet V, 1910-1911 - Page 158

153 La grand-mère de M. Le Bourhis lui parlait souvent d'une exécution qu'elle avait vu faire sur la place de Callac, où fut guillotiné un malfaiteur du nom de Le Baon ou Le Fraon la dernière dont Callac ait été témoin. Kermaria en Tréglamus Ce vendredi 18 août 1911. - Nous sommes venus,...

Carnet V, 1910-1911 - Page 159

154 de jeunes châtaigniers. Là-dessous un jour d'émeraude, une herbe fraîche et moëlleuse, des fougères à triple hauteur d'homme. Au bout de l'ellipse, autre avenue qui a encore d'un côté toute sa rangée de beaux hêtres. C'est à cet angle, à droite de la petite porte ouvrant sur un...

Carnet V, 1910-1911 - Page 160

155 dix-huitième siècle à un rez de chaussée avec 3 lucarnes ds le toit, et ds la façade des fenêtres et des portes disposées comme ci-contre. [croquis] L'ortie pousse sur le seuil, mais à voir l'intérieur on sent que s'était une petite gentilhommière fort bien aménagée, avec...

Carnet V, 1910-1911 - Page 161

156 était fille d'une Kerouartz. Elle fut très malheureuse avec son mari (tel était le destin de toute femme d'un Comorre) et, pour se venger lui légua une pendule qui lui rappelât toutes les heures de misère qu'il lui avait fait subir - C'est après la mort de ce Comorre que la terre fut...

Carnet V, 1910-1911 - Page 162

157 Port-Blanc, ce mardi soir, 12 septembre 1911. - Dans ma chambre. - La mort somptueuse des fougères qui se flétrissent en beauté. - C'est la pluie qui se charge de débarbouiller l'Irlande. - " Quand la lune mollira (c'est à dire décroîtra et se lèvera plus tard) ", nous disait cette...

Carnet V, 1910-1911 - Page 163

158 - Na drouc na mad gant neb a gomzo Gant al lestr newe c'hui iello. Adieu ! ma c'halon em c'hreiz a rann Pa gollan ar wel diwar douar St Yann Pa gollan ar wel a Di'r Poulle Nag [ol lenvi a ran?] em goude. Nag he vreur d'ezan neuz laret Dilez d'in ti anna ar Poulle...

Carnet V, 1910-1911 - Page 164

159 Ha ter zro antîer d'ar marchepi Na n'ê ket he [hêr?] E laket en kichen eur garrek Tri de ha ter noz ken a zo bet O vewa gant ragn deuz ar garrek. Ha pa oa oc'h antren er bewar Hag en [ha?] remerk eul lestr [d'?]aval,...

Carnet V, 1910-1911 - Page 165

160 Met ar Gernewe man ket er ger Na kélo bet anean en antîer. - C'heuz met ma laket en douar Ha me bëo d'ac'h ho beaj. Ma [bes?] ho peaj Douar-Newe Libr da vont d'he c'hommans adarre. An Otro Gernewe a c'houlle Ti ar Poulle Coz pa arrie : - Debonjour ha joa en...

Carnet V, 1910-1911 - Page 166

161 Adieu ma mamm baour d'ac'h laran Birwiken james ken ho kwelan Na deuz ma zad na gimiadan ket Penegwir hen hen eus ma gwerzed. Me garfe ve bolante Doue E trofe an awel a gosté (bis) Da gass al lestr d'an Douar Newe Na nê ket he gir peurachuet An awel a goste zo bet troët. Na Maledonik a...