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Carnet V, 1910-1911 - Page 46

41 Le château de Mesnil-Garnier, (commune à 8 km de Villedieu, route de Mortain-la-Mer), où habitait le général de Bonnemain, beau-père (?) de Mme de Bonnemain, la maîtresse de Boulanger. C'est le maire de Villedieu, M. Tétrel, qui possède aujourd'hui la propriété. La fête de la...

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42 américaines. Il y a même des fêtes de confréries, auxquelles on sert un gâteau spécial, énorme, dont je n'ai pas retenu le nom. Et toujours il y a une messe. Le même M. Lecomte me dit que les vergers normands s'appellent des plants. Le verger ou courtil qui entoure immédiatement la...

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43 ce genre de couverture, en pleine ville. La même condamnation qui a atteint les toits de chaume en Bretagne et aussi appliquée aux essentes. Aujourd'hui, sur les dix heures, je visite avec M. Groult et M. Eude les ateliers de chaudronnerie. Mais d'abord nous entrons chez le Recteur Lemonnier...

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44 n'entendent plus le bruit quotidien autour d'eux, ils gardent l'habitude de crier comme des sourds, et avec une nasalisation chantante propre à cette région, laquelle rend leur parler aussi difficile à comprendre, quand on n'y est pas accoutumé. Rien de plus primitif que l'installation de...

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45 Nous avons visité quatre ou cinq ateliers, tous semblables ou peu s'en faut : celui de M. Havard, après celui de M. Mauviel, puis celui de M. Sellier, appartenant à une des très vieilles familles de Villedieu. Ce qui a amené à Villedieu cette industrie des chaudronniers, c'est,...

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46 à prendre la consistance de l'airain, me conte M. Mauviel. Intéressant, ce Mauviel, avec sa vieille rude figure, me disant : " Ici patrons et ouvriers, nous travaillons en famille. Pas une fois je n'ai eu de grève. Les gens entrés chez moi y restent jusqu'à l'âge où ils ne peuvent...

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47 Ce dimanche 25 décembre Jour de Noël 1910 Je suis à Paimpol depuis hier avec Robert et Reine Anne. Nous avons assisté cette nuit à la messe de minuit dans la vieille église marine d'où les fidèles vont bientôt émigrer vers l'église neuve. L'édifice était comble. Hommes, femmes,...

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53 Les goëlettes d'Islande et de Terre-Neuve peuplent le bassin principal, car on arme maintenant pour Terre-Neuve plutôt que pour l'Islande. Cette dernière pêche traverse une crise grave. Au lieu des cinquante ou soixante goëlettes qui partaient jadis vers les eaux polaires, il n'y en aura...

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54 le vieux Mezou-ber, dont marraine me parlait si souvent et où je n'avais pas encore mis les pieds. Il y a là un vieux coin de Paimpol resté presque intact. On entre dans cette antique venelle par une espèce de couloir percé sous une des maisons de la rue de Ploubazlanec, à gauche. C'est...

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55 de la Foire ". Les gens qui se respectaient ne passaient jamais par la Gardenn ar Pébel. Il s'y faisait un véritable raccrochage : on se couchait dans les champs voisins et tout le long des Chemins verts. Maman me raconte qu'un jour elle se rendit avec son second mari "défunt Perrot"...

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56 M. Le Rudulier me signale un monticule entre Goarec et St Gelven que l'on appelle Bonnet Ru (Bonnet rouge). Le lundi 26 décembre, lendemain de Noël, - venu en automobile avec tonton à Loguivy, par Ploubazlanec, dans une route sinueuse, très verte au printemps, aujourd'hui complètement...

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57 Les bateaux de Loguivy étaient faits sur place, dans le chantier de M. Derrien juste dans la cour de l'hôtel où nous avons déjeuné. On emportait les bateaux sur des chariots jusqu'au port. Le lougre a deux mâts et le cotre n'en a qu'un. Le lougre a une misaine, une gd voile et un foc,...

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58 l'inventaire derrière eux - Quel sale trou ! ... Ile de Sein toi, tu ne me reverras plus toujours, disait Mme [laissé en blanc], en revenant de là-bas. D'ici les femmes allaient à Lannion avec des chars à bancs du pays. Les gosses allaient par les gds bateaux - Il ne restait que les...

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59 depuis que les Loguiviens n'y vont plus - Les gens de Douarnenez ont puisé les fonds de pêche avec les filets de fond, les folles : ils ramenaient avec cela le homard, la langouste, la raie, le turbot, tout, tout - Les bateaux de l'Ile de Sein allaient, selon les vents, vendre leur...

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60 N'étaient onze bateaux, lui seul de Loguivy, un de Penmarc'h et d'autres de Camaret et de Dourarnenez. Ils ont un réservoir à bord, ce sont des bateaux vivier. Le bateau de Le Guen est la Reine des Anges. La saison, là, c'est de juillet à novembre. Ceux qui vont en Espagne, vont en face de...

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61 maisons plus loin, me voici dans la chapelle de St Ivy, que précède une petite courette bordée d'un muret de pierre. A droite, en entrant, tronc circulaire en fer, sur un pied de fer aussi. Petit oratoire marin, blanchi à la chaux, avec deux fenêtres ordinaires, cintrées, à droite et à...

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62 d'emballage et des branchages verts, cyprès et lauriers - 6 chaises d'église sur l'une d'elles le nom de MENOU - Un St Yves récent contre le mur de droite - Contre celui de gauche un très vieux Christ - Le vieux raidillon pierreux, bordé de belles maisons neuves qui monte vers le hameau de...

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63 un entassement aux pointes hérissées - Là-dessus un couchant tragique, un ciel de cuivre pâle, avec de grandes nuées lourdes, qui crèvent en eau - Le phare de la Croix au sortir de Loguivy, celui de Bodie, juste en face, sur l'autre rive, vec son grand pignon blanc où s'ouvre comme une...

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64 Le pont sur lequel on passe le ruisseau du Traou-Du s'appelle Le sac noir, le cône de tempête du Sémaphore, à la Clarté, s'appelait Bonnet Pipi Maon - C'est au cercle, ce soir, que Philippe (Pépé) me donne ces détails. Le soir, après diner, il vient chez tonton m'apporter la chouette...

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65 qui restaient avec des herbes cueillies à même le sol. Les herbes avaient été nécessairement contaminées par des déjections de cholériques. On en expédia au poste de Chu, où Philippe se trouvait avec un détachement de quelques 250 hommes. Le Chu était situé dans les rizières...

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66 transformés en salles d'hôpital. Il y en avait 22 dans chaque baraquement, couchés sur de la paille, avec leur sac sous la tête en guise d'oreiller. Une nuit Philippe alla se coucher laissant deux hommes, deux infirmiers de garde dans un des baraquements, avec mission de le prévenir s'il y...

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67 à une petite distance, au cimetière improvisé. Philippe et les 3 autres soldats creusaient une fosse peu profonde, mais longue assez pour contenir 20 cadavres rangés côte à côte. Par une suprême coquetterie mortuaire, on jonchait le trou d'un peu d'herbe et on jetait également quelques...

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68 mais la porte était fermée. Croyant que l'employé dormait, il enfonça l'huis qui n'était pas très solide. Horreur ! l'employé était allongé à terre, mort. Philippe ne savait pas de télégraphie. A tout hasard, il se mit à faire manœuvrer l'appareil, se disant que, devant...

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69 capitaines étrangers qui viennent à Paimpol, à quelque nationalité qu'ils appartiennent, Danois, Russes ... etc ... conversent en anglais avec le courtier. A Loguivy, l'Hôtel Hello, avec l'adjonction en russe : Dobro Pojalovat : Bonnes choses je vous souhaite - la traduction russe...

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70 de sa femme, le père Daniel, à partir du septième enfant, s'était juré : - Ma foi, tant pis ! Ceux qui nous viendrons dorénavant auront pour le patron le saint du jour dans le calendrier. Or, le jour où naquit l'oncle en question, le calendrier indiquait la fête de St Porphyre...

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71 pour se faire soigner, très ennuyé, d'ailleurs d'être obligé de garder son navire dans ce port, à ne rien faire, jusqu'à ce que le mauvais accès de fièvre qui s'était emparé de lui eût été conjuré. Mais, quand il eût gagné la chambre qui lui était attribuée, il se trouva que le...

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72 débarrassé. En quelques heures, il fut à l'agonie. Le lendemain il était mort. Comme on était en haute mer, très loin de toute côte, - et que, d'autre part, on craignait la contagion - son cadavre fut lancé à la mer, avec le rituel ordinaire. Et le navire continua sa route sous les...

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73 Surprise, émoi. Lui, cependant, demande : - Eh bien, quoi ? C'est ainsi que vous me recevez ? On ne voulait pas croire que ce fût lui : on ne se décida à le reconnaître que lorsqu'il se fût mis dans une de ses formidables colères, lançant de terribles volées de...

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74 Aujourd'hui, Vendredi 24 févier 1911, comme je faisais mon cours à la faculté, mon neveu Edouard Meuron est venu en larmes m'annoncer la mort de sa mère, ma sœur aînée. C'est le dernier membre de ma famille proprement dite qui s'en va : de toute la petite tribu qui prit naissance...

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75 train de marchandises. Et, tout de même la barrière s'ouvre, et nous voici en route dans l'obscurité. Bob et moi, nous nous rencognons l'un contre l'autre. L'homme cause, assis sur le rebord de la voiture. Il me conte tous les kilomètres qu'il a parcourus aujourd'hui. Entretemps, il me...

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76 La croix de Lanveur, sur la route de Bégard à la gare, un peu plus loin que le Hentmeur, à droite : F : PAR F. GUILLOU et ANNE LUCAS. 1772. Le Christ est tourné vers la chapelle de Bré, qui est au Sud-Est - [suite de la page précédente] blanche, exsangue, ravagée, ses yeux...

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77 pendule d'en bas s'arrêtait. La nouvelle crise, la crise définitive s'est emparée d'elle vers midi. Immédiatement, on a essayé des sangsues, mais elles ne voulaient pas mordre, puis des sinapismes, mais il ne prenaient pas. Alors le médecin a dit que tout était fini. Marie était dans le...

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78 décidée à lui donner son prénom de Nicolas - ou Kolas, ou Kolaïk - qu'elle n'aimait pas]. Pour le coup, papa dit : - Revenons sur nos pas, mon enfant. Et ils revinrent à la maison. Au moment où ils entrèrent dans la chambre, le petit frère malade rendait le dernier soupir entre les...

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79 C'était chez elle une croyance absolue que sa mère, notre maman, lui réapparaitrait pour lui annoncer que le moment était venu de la rejoindre. Comme elle a continué de vivre de cette maman, que, moi qui l'ai trop peu connue, je n'ai pas toujours assez évoquée sur l'horizon de mon passé....

Carnet V, 1910-1911 - Page 85

80 Elle est couchée sur le lit avec deux serviettes disposées en croix sur elle. Elle a la bouche un peu rentrée, mais son air est calme, grave, apaisé. Ses mains sont jointes. Au pied du lit, sur une petite table est l'assiette d'eau bénite où on trempe le rameau de bois entre deux cierges....

Carnet V, 1910-1911 - Page 86

81 parlons de Ploumilliau. J'apprends que Jean-Marie Bourdonnec a cédé sa charge de maire à Leguern, - le frère du chirurgien, mais illettré, parait-il, et tout entier sous la domination de sa mère, Emilie Morvan, qui habite toujours la grande maison auprès du presbytère. Janik Roparz, la...