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Carnet EG, 1889-1911 - Page 44

38 mère, Lucile et moi, nous regardions le ciel, les bois, les derniers rayons du soleil, les premières étoiles. « Les vents de la nuit, dans ma tour déshabitée, ne servaient que de jouets à mes caprices et d'ailes à mes songes. La chasse. — « Dans mes courses je pointais si...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 45

39 Ici « la plus vive partie de mon existence fut attachée. C'est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis, que j'ai commencé à sentir la première atteinte de cet ennemi que j'ai traîné toute ma vie, de cette tristesse qui a fait mon tourment et ma félicité....

Carnet EG, 1889-1911 - Page 46

40 Kermaria-Lann, Ce 27 septembre 1902. Je m'arrête à la vieille chapelle bâtie sur un tertre bas, à gauche de la route, en allant sur Guingamp. Dans l'enclos un vieux calvaire de fût monolithe, sur une pierre de socle portant sculptée aux 4 angles : au levant St André reconnaissable à...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 47

41 A Iliek. — Ce samedi 6 octobre 1902. Ds l'oratoire de la maison, l'autel qui fut celui de St Yves de Vérité, en pierre : vaste table de granit portée par trois pilastres renaissance, 2 en avant, 1 en arrière. Au-dessus un rétable avec, au milieu, en relief, neuf écussons superposés...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 48

42 femme peut leur donner à boire, mais pas la mère. Au bourg de Plougrescant, quand on envoie l'enfant baptiser, on lui donne après le baptème du vin blanc sucré à boire. A Plougrescant on donne à boire aux enfants de l'eau tiède que l'on jette sur du pain et dans laquelle on met de l'eau...

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43 de façon que les gouttes pleuvent un peu de tous côtés. Avant la construction, les fondements creusés, on place la première pierre, sur laquel on met le nom de [illisible] (le sigillographe) et la date. Et tous les parents et amis viennent frapper dessus avec le marteau et y déposer un...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 43

37 la fin des mémoires d'Outre tombe : « En traçant ces derniers mots, ce 16 novembre 1841, ma fenêtre qui donne à l'Ouest sur les jardins des missions étrangères, est ouverte : il est six heures du matin ; j'aperçois la lune pâle et élargie : elle s'abaisse sur...

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44 avoir soin de jeter une petite parcelle de buis bénit dans le feu. La barbarie des chouettes clouées, n'existe pas en Trégor, ni peut-être en Bretagne. Meubles. Près de l'âtre, un lit clos et un banc-tossel. Le lit clos avec des raclets ou des rideaux. En dessous on mettait en guise de...

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45 est en grosse toile avec des raies transversales rouges et une croix [croquis] dessinée dans la toile même en carrés rouges et bleus. qqfois on y mettait aussi le signe de Jésus. Aux deux bouts de la nappe il y a une sorte de filet tressé que termine une frange faite de houppettes rose et...

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46 lits, un de chaque côté de l'âtre, se faisant face. Ar C'homptouer, l'armoire, était en général à quatre portes, et à quatre armoires (armel) Puis il y avait l'arche (an arc'h) au bas bout de la maison : elle était très grande et servait à ramasser le froment : elle était...

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47 et ils les y mettaient, aussitôt mangé, en sorte qu'elles n'étaient lavées jamais, de peur d'être confondues avec les autres. Dans les grands ménages, anciens manoirs, il y avaient des escaliers de pierre, sous lesquels, dans la cuisine, il y avait une grande auge de pierre (eul louar vin...

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48 manteau de pierre de la cheminée le long duquel était suspendu le portez-arm où l'on couchait le fusil comme le nom l'indique, et où l'on mettait les allumettes scloss (allumettes de tiges de chanvre), par paquets, les petites boites contenant les clous pour les sabots que l'on cloûtait...

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49 forme. Le jour d'une noce, on faisait en sorte de défoncer le lit, pour faire une farce aux nouveaux mariés, car les grosses branches qui faisaient le fond du lit reposaient sur des fourches de bois plantées en terre : il suffisait de faire une entaille profonde dans ces supports pour...

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50 pot houarn bras, que l'on encastrait dans une sorte de maçonnerie et qui ne bougeait jamais de là : c'était dans cette marmite que l'on cuisait la nourriture des bêtes. Il y avait de plus eur forc'h tan (une fourche pour faire du feu) pour prendre le bois et surtout l'ajonc. Il n'y...

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51 sabot pour le rapporter. On faisait le feu avec de l'ajonc, de la fougère, du goémon. Quelquefois on remplaçait l'amadou par des morceaux de toile neuve (qui n'avait pas encore été lavée) : on la coupait en menus morceaux et on les brûlait sur l'âtre puis on ramassait la cendre, on...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 58

52 pouvait incendier la maison. L'aire de la maison était balayée avec des balais de genêt auxquels on coupait soigneusement les barbes, sinon cela portait malheur. La porte se fermait avec une flotten, une barre de bois qui se poussait le jour dans un trou du mur et que l'on assujettissait le...

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53 vers la Noël. Il y a un boucher exprès, quelqu'un de la contrée, comme Quéréel. Autrefois on le payait cinq sous et un morceau de viande (eur bechad Kig, un faix de viande). C'est lui aussi qui le dépèce. La fête du cochon tué (ailleurs fest ar penn-oc'h) s'appelle en Trégor...

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54 anciennes : on les attachait contre le mur, près de la fenêtre principale. C'est devant cette glace que les femmes venaient mettre leur coiffe et les hommes se raser, quand ils se rasaient eux-mêmes. A table, le maître se mettait au haut-bout et en face de lui le menel braz, le...

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55 Pr la Légende de la mort. — Ce soir, 24 octobre, comme je sors sur la terrasse pour regarder les étoiles, qui luisent merveilleusement, notre bonne, François Berthon, originaire des environs de Quimperlé me dit que, chez elle, on prétend que : « les étoiles qui brillent...

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56 Note inscrite ici par mon neveu Edouard Meurou. A l'entrée du bourg de Landébaëron du côté de St Laurent se trouve la fontaine et le lavoir communaux. La vierge protectrice de la fontaine possède le don de guérir toutes les maladies et de trouver des maris aux jeunes filles à marier et...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 63

57 Edouard Corbière. Le négrier Les mousses sous l'ancien régime (et sous l'Empire) avaient « une casaque rouge et un bonnet de laine sang de bœuf ». L'avant du navire, ce que j'ai appelé l'aplastre, se dit exactement guibre, parce que l'on y sculptait d'ordinaire un poisson de...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 64

58 eux, quand ils vont serrer les voiles, et qu'il les aide dans leur travail. Il veulent que de son vivant, il ait été matelot comme eux. C'est l'âme en peine d'un pauvre mathurin noyé à la mer dans un coup de temps. Et c'est pour prévenir ses compagnons qui sont encore en train de...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 65

59 Noms : Larzul. — Guiziou — Jégou Kerviel — Daoudal — Boulidor Calvez — Guénal — Trévarin Balch — Kerdilès — Lissilour Moal — Herlédan — Raphalen (Plovan) Pastézeur — Véo (Vézou) — Perfezou Coueffic. — [Mataguez?] (Paimpol) —...

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61 ruisselaient silencieusement sur le monde. La magie unique de ces nuits lactées. Je regarde ma montre : elle marque onze heures. Ce 18 août 1905, [venu?] au bourg à la mairie, que je suis d'abord allé chercher dans l'ancienne maison, c'est à dire à la maison...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 68

62 constaté suivant la loi par moi Jean-Marie Gilard, maire et officier de l'Etat civil sous- signant. Signé J. M. Gilard » L'acte est tout entier de la main de papa. A remarquer que Grand'père mourut le jour même de la fête de Papa, le 6 décembre. Les rédacteurs de Croaz-ar-Vretoned...

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63 Hugues and Sons. — Le discours prononcé par Gladstone à Wrexham. (libraire, à Wrexham - North-Wales.) A interroger Even sur les souvenirs de sa tournée en Pays de Galles. Il me cite, ce soir, ce trait, pour marquer de quelle intransigeance religieuse sont capables les Gallois. Jaffrennou...

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64 est en train de défricher la partie de la lande qui lui appartient et de la replanter à d'autres endroits. Il a pour ses pins naissants un amour tout à fait touchant : il aime visiblement sa terre pierreuse : plus tard, il a, me dit-il, l'intention d'y bâtir une petite cassine,...

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65 eu lieu chez sa fille le matin même. » Un type, ce Napoléon. Il buvait, je crois qu'il boit encore un litre d'eau-de-vie par jour. Il buvait, de son propre aveu, une barrique et demie d'eau de vie par an et prétendait que la cathédrale de Tréguier n'aurait pas été assez vaste pour...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 72

66 de ce qu'il donnerait au curé, l'usage étant que ce soit le parrain qui donne, tandis que la marraine ne donne rien. — Combien gagnez-vous par jour ? lui demanda Jeanne Grott. — Quinze sous. — Eh bien ! Donnez quinze sous au curé ; ce sera le prix d'une journée en...

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67 45 ans. Mlle Gélard l'a entendu chanter ds un diner de noces, et elle chantait fort bien, seulement avec une attitude et des gestes qui ne sont pas habituels chez les gens de la campagne. Reçu cet après-midi, 26 août 1905, la visite de Jean Flem et de toute sa famille. Toujours étonnant...

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68 pourtant lui, et non un autre, qui l'avait payé des deniers de son travail, pour que toute sa famille, sans exception, pût en profiter. Puis, un sentiment plus pénible encore l'oppressait, à la pensée que c'était toujours ce petit être, que, sous prétexte d'une pétulance bien...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 75

69 — Je veux l'égalité des droits pour mes enfants comme pour vous. Notez que ce père, non seulement n'avait jamais fait la moindre différence, mais que ce frère et cette sœur, il les avait couvés plus que ses enfants propres et au détriment de ceux-ci Le fils, alors, entra dans une...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 76

70 pour assurer son agrément. Et c'était elle qui se plaignait de n'avoir pas les mêmes droits que les autres membres de cette famille ! La leçon fut dure pour le père : c'était la seule chose à laquelle il ne se fût jamais attendu. Et le fils répétait : — Tu es le...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 77

71 affection. Non : il était un « maître » : à ses enfants, il avait accordé de « doubles droits ». Il avait été injuste, partial ! Et c'était vrai qu'il l'avait été, mais contre ceux qu'il aurait eu des raisons de défendre. Il y a des moments où l'on...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 78

72 passons non loin de chez Mendal, puis tournons à gauche par le chemin qui gagne le sémaphore en longeant du menhir et des roches disposées en forme de cromlec'h. Au sémaphore, nous suivons la grand'route jusqu'à la fontaine de, parce que je voudrais refaire le vieux chemin à moitié...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 79

73 entrons, par la barrière ouverte, dans cette lande qui domine l'anse de Pellinec et que peuplent des pins sonores. Puis c'est la descente dans le bois. La route, en bas, et toute trace de sentier disparaissent sous les fougères. Une forêt de fougères, et si hautes ! J'en cueille une...