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Carnet EH, 1900-1905 - Page 55

pouvait l'utiliser à rien. Foury le prit en haine et voici un des supplices qu'il lui imposa. Pendant qu'il pêchait, il lui fit faire une sorte de chasuble avec deux flétans amarrés par des cordes dont il portait un sur la poitrine, l'autre sur le dos, en homme-sandwich. Or ces flétans...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 56

pêche donne, on apporte aux hommes du vin et de l'eau de vie. A souper on a du rata au lard et aux pommes de terre. Quand il n'y a plus de pommes de terre, on donne seulement, le soir, du turlutin, c'est à dire du biscuit fracassé avec un maillet dans l'eau bouillie 55 avec des têtes de morues....

Carnet EH, 1900-1905 - Page 57

56/ Pêche d'Islande. Renseignements de M. Thos. Alors que le navire est encore en dehors de Bréhat, les gens de la côte reconnaissent déjà quel il est. Sur tous les points élevés, dès le 20 juillet, des familles montent sur les points les plus élevés et sondent l'horizon, les gamins qui...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 58

5 jours après de prendre un nouvel engagement pour la campagne suivante. 57 Dans ces familles d'Islandais, toutes les avances sont mangées avant que l'homme parte. Pendant son absence, la femme, les enfants végètent comme ils peuvent : "on va à la grève, chercher du goëmon, de la...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 59

avec l'acte de décès qu'il a dressé. Et le commissaire alors fait prévenir soit par le syndic, soit par le gendarme de marine.– Quand un navire est perdu l'armateur attend longtemps avant de prévenir. Et lorsqu'il n'y a plus moyen de cacher le malheur, il charge les curés d'avertir les...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 60

Vers l'Ile Grande. 59 19 Septembre. Nous sommes partis ce matin de Port-Blanc pour nous acheminer vers l'Ile-Grande, avec Gélard et Bernard Monod. Joli ciel, un peu de brise de noroît, quelques nuées blanches donnant au ciel une légère animation. Nous avons suivi le chemin des grèves habituel...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 61

60/ Nous prenons ensuite à droite, par le chemin qui va vers Trégastel. Au haut de la côte, à gauche, s'amorce l'ancienne route de Pleumeur. C'est elle que nous prenons. Arrivés au fond du vallon et sur le point de monter vers le bourg, un brave paysan nous conseille de prendre à droite le...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 62

61/ Je fais le tour de la pierre (elle est dans un petit enclos planté de fleurs auquel on accède par un échalier). Derrière, le menhir est comme sculpté de rayures verticales par les rigoles des eaux de pluies. Un trou plus grand, arrondi, se voit à peu près à mi-pierre. Comme nous...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 63

62 boule qu'ils roulaient devant eux. Saint Samson étant plus fort roula la sienne plus loin. Le soleil est couché : le ciel est divin, c'est un vert d'émeraude poli, merveilleux, avec de grands sillons roses qui dessinent les lointains contours bleus du pays de Trébeurden ; des...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 64

63 faire une omelette. Sa sœur non plus. Alors il faut attendre qu'une voisine, une Normande, madame Moulin, soit rentrée. Elle vient d'arriver. Nous allons manger dans la petite salle, sur une table ronde couverte d'une toile cirée blanche. Dans le dolmen de l'Ile Grande, il y a eu...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 121

115 autrement plus vivant que Jean Coste. Je suis reparti le lendemain à 7h 1/2 et rentré ici, à Port-Blanc, mardi à une heure. Dans le pays de Spézet, m'a dit Anna, on appelle Pinardet, les gens cossus, les richards, les « native rulers » du pays, analogues aux Julodet du pays de...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 122

116 de sa médaille commémorative de l'expédition de Chine (1900-1901) où il est certifié que « M. Bellec, Yves, matelot de 2e classe, gabier breveté, Tréguier 5069, embarqué sur le Mytho a pris part à l'expédition de Chine. A Toulon, le 3 nov. 1902 ». La dernière carte qu'on...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 123

117 45 F. Après cela elle eut l'argent de ses effets, arc'hant he dillad. — Un autre fils, mort au Havre, à 28 ans, et qui naviguait depuis l'âge de 14 ans. — Pour le soi-disant « argent des effets », en liquidation, elle toucha 330 F. — Il avait 20 F. à la Caisse d'Epargne,...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 124

3e 2e récépissé de la somme de 11 F 14 toujours succession de Bellec Yv Mie décédé en mer en 1903. Le père, Louis Bellec, 74 ans. Marie n'Avalo, 67 ans, [illisible], un côté [illisible] « ... Je ne pouvais repasser certains jours dans mes souvenirs, sans me rappeler l'influence que...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 125

119 Des vaches broutaient, paisibles, dans les prés. Demain le ronflement de la locomotive et le fracas des wagons va les arracher à leur quiétude.. A Trédarzec où Edouard nous a rejoints nous laissons nos bicyclettes à l'auberge, le fameux café de la Paix, devenu café de la Paxi, et nous...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 126

120 reconnaître personne. Une d'elles marche un peu en avant des autres : elles est petite. Je la prends d'abord pour une vieille. Elle m'appelle par mon nom : je la dévisage sous son capuchon : c'est la délicieuse Anaïs, la figure ravagée par la fatigue et par la douleur. Nous...

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121 en s'époussetant la manche avec soin. Le vieux curé à boucles d'étoupes d'un blanc jaune brame très vite des oraisons bredouillées, tout en faisant signe à la croix de le suivre à l'église où il rentre. Après la cérémonie, je trouve Guillaume Job à l'auberge avec des gens de...

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122 du père Marec, l'inventeur du bateau à rames tournantes que l'on appelait le « torpilleur » et à bord duquel il a failli se noyer tant de fois, après avoir dépensé à le construire tout l'argent de ses poules, vendues à cet effet. Il y avait dehors, contre le muret du...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 129

123 s'appelait « le général Latour du Pin ». Le maître de pêche, à bord, était le fameux Rolland, de Bréhat, le père de Maria Labarre. Jean nous conte un de ses tours. Un jour, au Havre, retour de campagne, il fit hisser une baleinière au sommet d'un omnibus : il avait...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 130

124 abondait, mais les glaces étaient si nombreuses que la pêche en était comme paralysée. Le froid aussi était terrible, et d'effroyables bourrasques de neige soufflaient à tout moment. Pendant une de ces bourrasques, la bordée de quart refusa d'aller serrer les voiles « en...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 131

125 corps de chemise ». C'était un fier gaillard. Mais le capitaine américain n'en persista pas moins. La mort du lieutenant était la dernière goutte qui fait déborder le vase. Avant déjà, un matelot, pendant le quart de nuit, était tombé sur le pont, à demi gelé, puis la neige...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 132

126 harpon. Parfois la bête vous entraînait très loin, et d'une vitesse folle, plus rapide qu'un train express. Et cela vous entraînait fréquemment à perte de vue du navire, si bien qu'on ne savait plus où il était. Pour toutes provisions à bord il y avait du biscuit et un tonnelet...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 133

127 la dépecer, en taillant de larges bandes que l'on hissait sur le navire et que l'on descendait dans la cale, où on les coupait, aux heures de loisir, quand on n'était plus en pêche, en morceaux plus menus que l'on jetait dans la chaudière pour en exprimer l'huile. On mangeait parfois du...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 134

128 Il eût probablement donné pour femme à Jean la reine de l'Ile Wahou. Mais Jean ne se laissa point séduire, et ne voulut pas devenir ces marins dont Baudelaire a dit (ds le Voyage) .. Sont-ils rois dans qque île ? Cela ne lui porta pourtant pas bonheur. Quand il revit la France, après...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 135

129 Acte de naissance de Gd père Le Guyader, copié par Lebeau, sur les registres de Ploumilliau. Du vingt-unième jour du mois de Janvier mil huit cent soixante six à - l'heure de midi [en marge : 12 Guyader Guillaume] Acte de décès de Guillaume Le Guyader, né à Guingamp, département...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 136

130 surchargé approuvé. Un mot rayé nul. Lebras [illisible] Constaté suivant la loi, par moi Yves Efflam le meur, maire et _ officier de l'Etat civil soussignant Le Meur. Du vingt-huitième jour du mois de février mil huit cent quatre vingt six à dix heures du matin [en marge : n° 10...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 137

131 de boucher, qui a dit être gendre du défunt Et par Jean Baptiste Marie Laplanche, demeurant à Ploumilliau, âgé de trente-neuf ans, profession de instituteur, qui a dit être voisin du défunt Lecture donnée de ce que dessus, les comparants et témoins ont déclaré signer Turnier...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 138

132 francs pour leur charge, car l'huile était chère en ce temps là. L'huile de lin servait à la peinture. Et la graine de lin était chère. Avant de venir ici, ils habitaient auprès de Perros, au manoir Kerwichi-coq, un peu avant d'arriver au bourg. Puis ils virent habiter Roc'h-Illew, qui...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 139

133 Ha Boulboac'h Caouled hag he wreg, Pedin rin Jacquès ar Min Gwenn Ha he c'hoar Gibel [Druttel?]. Pedin rin Iann Bilboudar Ha Boulboac'h hag e c'hoar Pedin rin Setu ar gwadigennou finisset Ha Yann Grign [Halec?] zo marwet He mont breman en...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 140

134 — Otro Person, mar bec'h contant, Me a retorno d'ac'h hoc'h arc'hant. — [Kerz?] emez ma zi d'ar ger, Me na non ket marc'hadour ier. — Ha pa renkfen mond d'an Tribunal, Me a [heuillo?] process ar iar. [Da eiz cant scoet, oa et process ar...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 141

135 possible et le plus profondément possible du pieu-roi. Ceux qui trouvaient de la pierre au lieu de terre meuble cassaient leur bâton. Grande émulation qui dégénérait souvent en coups. Il y avait des pommes dans les vergers tout autour du Port-Blanc et des allées d'ormes à Roc'h- Troël...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 142

136 de leur apprendre l'exercice, lui qui n'avait jamais été soldat. Marie-Cinthe étant enfant, sur les neuf ans, était dehors, dans la nuit, et vit une lumière faire trois fois le tour de la maison, et, à chaque tour qu'elle faisait, le coq chantait : elle dit cela à ses parents qui...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 143

137 pieds-nus Guenver ha c'herveur A garg an andouviou a dour : Meurs hac ebrel ho sec'h tout. Les femmes enceintes étaient toujours admirablement servies partout : elles ne passaient pas six heures sans manger : les autres jeûnaient au besoin. Les devineresses avaient un miroir...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 144

138 du parrain et de la marraine qui lui donnaient chacun 5 sous. C'était souvent la mère, la femme ou la sœur du sacristain. A l'auberge, une fois la collation faite, le parrain et la marraine achetaient quatre bouteilles de vin, une bouteille de cassis et une bouteille d'eau de vie ds un...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 145

1e Notre généalogie Côté de moi. Anatole-Jean-François-Marie Le Braz, né à Duault (ou plus exactement dans la trève de Duault appelée Saint-Servais, aujourd'hui commune), dans le canton de Callac de Bretagne, sur le versant septentrional des monts d'Arrée et aux bords de l'Yerre, presque...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 146

2e à Pluzunet en sept. 1843, avec M. Yves Merrien pour directeur et payé à ses frais, co-partageant de tout le traitement ; nommé instituteur communal de Duault, avec résidence à Saint-Servais, à partir du 1er novembre 1846, — marié le 27 septembre 1847 à Jeanne Le Guyader, —...