1913 résultats

Carnet N, 1905-1907 - Page 4

1 Ecosse Ecclesiological Notes of some of the islands of Scotland ; by T. S. Muir A Pennycross, à Mull, sur le versant sud d'un loch, une croix latine que la croyance locale prétend avoir été érigée à un des fameux médecins d'Islay, du nom de Beaton, qui pratiquaient dans cette île et...

Carnet N, 1905-1907 - Page 5

2 le nombre fut égal, et le surplus des trente âmes était envoyé par le bateau d'été à Lewis, au Yarl de Seafort, leur maître, à qui ils payaient chaque année une quantité de laine prélevée sur la peau de leurs moutons et des plumes d'oiseaux de mer. Ils n'avaient pas de combustible...

Carnet N, 1905-1907 - Page 6

3 dédiée à St Ronan, entourée d'un rempart de pierre tout autour. Et ils ont soin de la tenir nette et claire, et ils la balayent tous les jours. Il y a là un autel sur le haut duquel est couchée une grosse planche de bois d'environ dix pieds de long. A chaque pied, il y a un trou et...

Carnet N, 1905-1907 - Page 7

4 Lewis et ne parlent que gaélique. Quand quelques uns d'entre eux viennent à Lewis, ce qui est rare, ils sont étonnés de voir tant de monde. Il y a qque quatorze ans, dit Martin toujours, une invasion de rats se fit à Rona, sans qu'on sût comment, et en un clin d’œil dévorèrent...

Carnet N, 1905-1907 - Page 152

147 quand j'étais enfant, - broie des airs multiples, sans une pause, sur la petite place de Carnac, désencombrée de ses forains, - venus, les plus proches, surtout d'Auray et de Ste Anne -, les autres, les nomades, d'un peu partout - je m'attable dans ma chambre pour continuer ces notes déjà...

Carnet N, 1905-1907 - Page 153

148 receveur de l'enregistrement, - un petit bonhomme à moustaches, assez content de lui, qui mange à l'autel - ne mit l'embargo sur les bêtes vendues. C'est pourquoi, le sacristain est venu prévenir les femmes qu'il fallait tout de suite conduire les vaches, les deux pies noires et la...

Carnet N, 1905-1907 - Page 154

149 interpres Deorum. Il suggérait, si je me rappelle, que si le culte de St Cornely avait été instauré ici, de la sorte, par le christianisme, c'est que, anciennement, ce pays était hanté par les bœufs, soit ceux que l'on amenait comme victimes expiatoires et funèbres, pour les...

Carnet N, 1905-1907 - Page 155

150 la somme promise au saint. Beaucoup de propriétaires de bêtes ne se montraient, paraît-il, pas très loyaux ds le règlement des comptes, et, après avoir fait vœu de donner telle somme, lorsque la bête était malade, ne se souciaient plus de la verser intacte, lorsqu'il s'agissait de...

Carnet N, 1905-1907 - Page 156

151 faites de cerceaux de chataignier et recouvertes de voilures tannées. Là-dessous on boit du cidre jaune pisseux et de la bière tiède, sans parler de l'alcool. Des marchands en blouse, - paysans - vont et viennent, tâtant les pis, les côtes regardant les dents pour savoir l'âge. -...

Carnet N, 1905-1907 - Page 157

152 en leurs élégants costumes de demi-citadines, avec leurs jupons éclatants garnis d'une bordure de dentelle, et se plaisant à se faire regarder, en filles conscientes, trop conscientes de leur grâces. - Je rencontre également le vieux soldat de la garde impériale qui, natif de Caro,...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 113

112 lement, une représentation paysanne organisée par des artisans du lieu. Comme nous revenions, ce matin 1er octobre, dans la ténèbre matinale vaguement éclairci par un commencement d'aube encore indécise, Gélard, devant la silhouette du chateau de la Roche-Jagu de l'autre côté de la...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 114

113 des maisons assez maussades, grises, entassées, à l'écart de la grand' route. Nous entrons pour abriter nos bicyclettes dans une auberge. Je demande un torchon pour les essuyer. La bonne femme nous apporte un linge propre. Comme, en réglant ma chopine, je veux donner 2 sous de plus, pour ce...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 115

En route pr Concarneau, 27 octobre 1899 (Samedi). – Un mot de marin entendu dans le train à Rosporden. — J'aime mieux être à bord d'un bateau que d'être à bord d'un train. Son bateau, l'Iroise, un thonier, a été à demi écrasé par une vague en face des Penmarc'h. Elle a eu son...

Carnet N, 1905-1907 - Page 105

101 La fontaine de Jouvence : Le chemin pourpre qui y descend, les mares sanguinolentes, la chaussée de l'étang, le moulin abandonné, cependant que le meunier, M. Chérel, voyage par le pays, les ruines d'une usine, plus bas, parce que le "chimique" est parti ; le Val sans Retour (pas...

Carnet N, 1905-1907 - Page 57

53 occupe la fontaine centrale : à sa droite est un bœuf, à sa gauche deux pèlerins agenouillés. Autre fontaine détachée de celle-ci, en avant, et, en face, contre l'église une porte close avec un graffiti : " Voici la trombine de St Cornély " barbouillé par qque peintre en...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 112

111 la maison Rovarc'h l'aubergiste. A cet endroit la rivière est assez large : elle s'étale en menus ruisselets peu profonds sur une assez vaste étendue de mince galet. On planta là des poteaux, avec des traverses pour les joindre et l'on mit sur cette armature un plancher. Quant au...

Carnet V, 1910-1911 - Page 4

même côté - A gauche de l'entrée. autre colonne avec urne voilée "A notre fille chérie, A notre sœur bien aimée, Pauline de Farcy 21 ans Elle eut toutes les vertus en ce monde et ce n'est que sur sa tombe qu'il est permis de le lui dire. 3 avril 1826. a côté : "Ici repose le corps...

Carnet V, 1910-1911 - Page 5

[page blanche]

Carnet V, 1910-1911 - Page 6

1 Paimpont, ce vendredi soir, 7 octobre 1910. [Je continue ici les notes que j'ai commencé à rédiger sur le précédent cahier.] - Passé la maison forestière, nous sommes arrivés au grand chemin qui redescend vers Paimpont et se continue, au-delà, vers le Pas du Houx. - Et nous avons...

Carnet V, 1910-1911 - Page 7

2 Il était infini, le silence. Il n'y avait même pas un chant d'oiseau. La forêt se recueillait aux approches du soir. Droit derrière nous, dans le fond de la perspective, le soleil se couchait comme à l'extrémité d'une avenue tracée pour aller à lui. Ses rayons affaiblis coulaient sur la...

Carnet V, 1910-1911 - Page 8

3 plus mystérieuse et plus impressionnante que la nuit véritable. Nous nous faisions vraiment l'effet de traverser la nef d'un temple où flottait, en gris d'encens, l'odeur balsamique des résines, plus forte et plus pénétrante à l'approche du soir. Il était maître du ciel et de la terre,...

Carnet V, 1910-1911 - Page 9

4 ses murs décrépits et découronnés, ainsi que les trous de ses fenêtres vides. Et donc, ensuite, nous avons passé à la grotte. Lorsque nous avons gagné la berge de l'étang, pour rentrer à Paimpont, le crépuscule régnait dans le ciel agonisant, mais toujours pur, merveilleusement pur,...

Carnet V, 1910-1911 - Page 10

5 le croissant de lune se réfléchissait avec une immobilité étrange, ces vaches qui buvaient, le cercle solennel de la forêt environnante, l'ancien monastère baignant dans l'eau ses antiques murailles, avec une lumière rougeâtre tantôt à l'une, tantôt à l'autre des 4 fenêtres, tout...

Carnet V, 1910-1911 - Page 11

6 nous, mais toute cette terre et tout ce ciel, et toutes les humanités d'avant nous, et toutes celles qui nous suivront. - Mais ! en vérité, que sera le monde, lorsque pas un angélus n'y tintera plus ! Et est-il donc vrai que ce jour-là se lèvera jamais ? ... Aussitôt que...

Carnet V, 1910-1911 - Page 12

7 de leur domaine, pendant que les humains, les vivants ordinaires, l'angélus une fois sonné, rentraient dans leurs demeures closes, derrière leurs abris de pierre et de boue, pour s'anéantir dans le sommeil. - Le sommeil des hommes rend la nature à ses vrais possesseurs. Oh ! entendre,...

Carnet V, 1910-1911 - Page 13

8 La tête et les bras en sont arrondis, comme dans certaines croix irlandaises. Elle date évidemment des tout premiers temps de la civilisation bretonne. Un grand chêne droit, d'une belle venue, étend au dessus d'elle ses branchages, et le taillis l'enveloppe à moitié. J'ai pris ensuite la...

Carnet V, 1910-1911 - Page 14

9 dire tour bas-breton. Sur l'autre versant du vallon se profile en hauteur la bourgade morbihannaise de Concoret. Le bourg de Concoret, avec ses vielles maisons bâties en schiste rouge, rejointoyé de blanc. -Des fumiers ds la rue. - L'église neuves avec qques piliers anciens. - Vielles statues...

Carnet V, 1910-1911 - Page 15

10 de sang frais répandu, comme au lendemain du fameux assaut, pendant la Ligue. Elle repose des entablements de schiste pourpre. A gauche, un magnifique frêne, tout doré, rutilant de soleil, domine le rempart. Ensoleillée aussi la cour, derrière le vieux porche gothique surmonté d'une...

Carnet V, 1910-1911 - Page 16

11 l'étang, par la grand'ligne (c'est le nom des routes en forêt) de Gros Sein, qui est un des principaux passages de sanglier. (Le Gué aux Perches, par exemple, est une Petite Ligne, séparant les coupes de forêt, - les coupes se faisant tous les dix-huit ans - Il y avait précisément une...

Carnet V, 1910-1911 - Page 17

12 et fines, les unes très vertes encore, les autres dorées, et formant une sorte de pré magnifique au centre duquel se mourait la queue de l'étang entre les futaies bleues des pins. Une perche dressée au milieu des herbes marquait le passage possible. - Mais nous avons rebroussé chemin, car...

Carnet V, 1910-1911 - Page 18

13 Nous n'avons pas entendu l'angélus. J'espérais que ses sons seraient venus jusqu'à nous dans les bois ; mais ceux-ci les ont sans doute interceptés. Et Merlin - que nous hélions - ne nous est point apparu, mais nous le sentions autour de nous, rôdant à travers les halliers obscurs....

Carnet V, 1910-1911 - Page 19

14 les chevaux et garder les vaches. Il couche dans l'étable, tout contre la soue à porcs, et a là son petit lit auquel il a accroché une foule d'images empruntées à des almanachs, à des journaux illustrés, à des réclames. Bon garçon, d'ailleurs, et riant toujours, soit qu'il épluche...

Carnet V, 1910-1911 - Page 20

15 le denier du culte n'est pas suffisant. Il y a trois prêtres qui vont, tous les dimanches, dire la messe dans les villages de Beauvais, Coganne et Les Forges. Les gens de Beauvais passent pour des sauvages. Il y a un instituteur et une institutrice à Beauvais, qui est à 7 km par la route. A...

Carnet V, 1910-1911 - Page 21

16 Une grande immobilité plane encore sur les choses, car la journée va être aussi belle, aussi calme, aussi apaisée que celle d'hier et d'avant-hier. L'eau de l'étang frémit à peine. - A sa surface safranée courent des fumées légères, d'un blanc laiteux ; en face et derrière, les...

Carnet V, 1910-1911 - Page 22

17 droite les hauts murs de l'abbaye, aux pierres à moitié disjointes, qui descendent quasi dans l'eau, comme des remparts, couronnés, drapés de feuillages pendants, et étayés par de lourds contreforts. - Là-bas, dans l'Est, parmi les frondaisons vaporeuses de la forêt, une fumée humaine...

Carnet V, 1910-1911 - Page 23

18 du plus bienfaisant des dieux. Maintenant, le mystère est accompli : le disque merveilleux a commencé son ascension victorieuse. Sa lumière ruisselle doucement, en attendant de tout embrasser. Vers l'Est, le visage, tout à l'heure sourcilleux, de Haute-Forêt s'éclaircit, se colore,...