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Carnet EH, 1900-1905 - Page 41

40 / et va distribuer dans le poste : chaque homme a sa bouteille où il transvase sa part. Il y a une mesure en fer blanc, comme dans les débits. C'est mesuré juste. C'est le quart qu'on appelle le boujaron. Quand la pêche va bien, le capitaine donne double ration. Il y a 3 ans,...

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41 traversent la Manche en ligne droite. C'est pour cela qu'on les voit passer à la hauteur de Port-Blanc.– Le pauvre mousse est le bouffon de bord. Il n'y en a qu'un pour 25 hommes. Et tous les matelots le forcent souvent, dans l'intervalle des repas à leur cuire, qui un morceau de morue, qui...

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42 / L'aviso de l'Etat pourrait surveiller, mais il est toujours dans les baies, ou, s'il sort, c'est pour faire une courte promenade. Jamais il ne passe la nuit au large. De sorte que sa surveillance est toute platonique. Le navire, une fois en vue de Bréhat, au retour met son pavillon de...

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43 Pêcheurs d'Islande. Renseignements pris auprès de Laur Mainguy, de son fils Guillaume et de Louis Ollivier, ainsi que de Mie Yvon Mag, la femme de Laur. Laur a quitté les pêches d'Islande en 1884, et il a fait dix-huit campagnes consécutives. Le Bolc'h, lui, un de Port-Blanc encore, avait...

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44 parfois aussi on en mettait 22. En quittant la terre d'Islande on remontait au Nord-Est pour trouver Rock-Kall, afin de la reconnaître. C'est une roche élevée et isolée au milieu de la mer, dans les parages de laquelle la mer est toujours démontée. Il ne fait pas bon y être pris par le...

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45 Alors, pendant toute la nuit, chacun était libre de chanter. Et l'on buvait l'eau de vie qu'on avait économisée sur la ration de chaque jour (cette ration était d'un quart par jour). On vaquait à faire le feu, avant le café. Ce feu était organisé comme suit : on mettait une esparre...

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Pour le retour, l'ordre en est donné le plus souvent tout à coup. Le capitaine parait sur le pont, au milieu de la pêche et dit : - Hâle la ligne ! En route pour la France ! Mais on ne désarme cependant aucune ligne, dans la crainte d'être pris par le calme, en quel cas, on en...

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47 / Guillaume avait été malade tout le temps, gant Glenved ar mor. Quand il arriva à Tréguier après la campagne, sa mère était aller le chercher ; mais quand il la vit, il avait tellement honte de l'état de ses habits (noirs et brûlés dans la cuisine) qu'il se cachait dans la...

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48 qu'ils pouvaient tenir leurs yeux ouverts. On pêche tous, quand il y a du poisson. Parfois, quand on était descendu, éreinté, et qu'on allait s'étendre pour dormir, le capitaine entrait dans le poste et passait une éponge sur le visage des dormeurs, en leur criant : -...

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49 (avançons) que bout de cette balancine, sont deux mèches d'environ une brasse et demie (2m50) munies chacune d'un hameçon énorme. On amarre cet hameçon avec de la couenne de lard, des morceaux de linge rouge, n'importe quoi, (la morue n'est pas difficile et elle est vorace). Puis, quand on...

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50 / des Islandais et on le saigne en lui fendant le cou. La langue on la jette dans le panier plat où l'on a l'on a ses lignes enroulées. Ces langues, le capitaine les compte toutes les 24 heures, et l'on sait ainsi combien de morues chaque homme a attrapées. Le sang de la morue est...

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prépare les morues, et si la glace survient on jette le tout en pagaille, à dégeler, dans la cale. 51 Après cette préparation, vient le laveur qui a prés de lui une cuve, auprès du panneau par où on les jette dans la cale. Cette cuve est pleine d'eau de mer qu'on a soin de renouveler sans...

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nuit et de nouveau se relève, reprend sa montée dans le ciel. Quand il fait calme en cette saison, il fait des chaleurs lourdes. mais, par ces ardeurs mêmes, tout à coup vous voyez une risée courir sur l'onde et vous pouvez tout de suite chercher vos vêtements de froid si vous ne les avez...

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minutes. Le navire qui fait route donne un coup de corne s'il a ses amures à babord, deux coups s'il les a à tribord, trois, s'il est vent arrière. 53 Quelquefois sur les lieux de pêche, tout en pêchant, les navires sont si rapprochés qu'on peut se causer d'un bord à l'autre. En ce cas,...

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pouvait l'utiliser à rien. Foury le prit en haine et voici un des supplices qu'il lui imposa. Pendant qu'il pêchait, il lui fit faire une sorte de chasuble avec deux flétans amarrés par des cordes dont il portait un sur la poitrine, l'autre sur le dos, en homme-sandwich. Or ces flétans...

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pêche donne, on apporte aux hommes du vin et de l'eau de vie. A souper on a du rata au lard et aux pommes de terre. Quand il n'y a plus de pommes de terre, on donne seulement, le soir, du turlutin, c'est à dire du biscuit fracassé avec un maillet dans l'eau bouillie 55 avec des têtes de morues....

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56/ Pêche d'Islande. Renseignements de M. Thos. Alors que le navire est encore en dehors de Bréhat, les gens de la côte reconnaissent déjà quel il est. Sur tous les points élevés, dès le 20 juillet, des familles montent sur les points les plus élevés et sondent l'horizon, les gamins qui...

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5 jours après de prendre un nouvel engagement pour la campagne suivante. 57 Dans ces familles d'Islandais, toutes les avances sont mangées avant que l'homme parte. Pendant son absence, la femme, les enfants végètent comme ils peuvent : "on va à la grève, chercher du goëmon, de la...

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avec l'acte de décès qu'il a dressé. Et le commissaire alors fait prévenir soit par le syndic, soit par le gendarme de marine.– Quand un navire est perdu l'armateur attend longtemps avant de prévenir. Et lorsqu'il n'y a plus moyen de cacher le malheur, il charge les curés d'avertir les...

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Vers l'Ile Grande. 59 19 Septembre. Nous sommes partis ce matin de Port-Blanc pour nous acheminer vers l'Ile-Grande, avec Gélard et Bernard Monod. Joli ciel, un peu de brise de noroît, quelques nuées blanches donnant au ciel une légère animation. Nous avons suivi le chemin des grèves habituel...

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60/ Nous prenons ensuite à droite, par le chemin qui va vers Trégastel. Au haut de la côte, à gauche, s'amorce l'ancienne route de Pleumeur. C'est elle que nous prenons. Arrivés au fond du vallon et sur le point de monter vers le bourg, un brave paysan nous conseille de prendre à droite le...

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61/ Je fais le tour de la pierre (elle est dans un petit enclos planté de fleurs auquel on accède par un échalier). Derrière, le menhir est comme sculpté de rayures verticales par les rigoles des eaux de pluies. Un trou plus grand, arrondi, se voit à peu près à mi-pierre. Comme nous...

Carnet EH, 1900-1905 - Page 63

62 boule qu'ils roulaient devant eux. Saint Samson étant plus fort roula la sienne plus loin. Le soleil est couché : le ciel est divin, c'est un vert d'émeraude poli, merveilleux, avec de grands sillons roses qui dessinent les lointains contours bleus du pays de Trébeurden ; des...

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63 faire une omelette. Sa sœur non plus. Alors il faut attendre qu'une voisine, une Normande, madame Moulin, soit rentrée. Elle vient d'arriver. Nous allons manger dans la petite salle, sur une table ronde couverte d'une toile cirée blanche. Dans le dolmen de l'Ile Grande, il y a eu...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 121

115 autrement plus vivant que Jean Coste. Je suis reparti le lendemain à 7h 1/2 et rentré ici, à Port-Blanc, mardi à une heure. Dans le pays de Spézet, m'a dit Anna, on appelle Pinardet, les gens cossus, les richards, les « native rulers » du pays, analogues aux Julodet du pays de...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 122

116 de sa médaille commémorative de l'expédition de Chine (1900-1901) où il est certifié que « M. Bellec, Yves, matelot de 2e classe, gabier breveté, Tréguier 5069, embarqué sur le Mytho a pris part à l'expédition de Chine. A Toulon, le 3 nov. 1902 ». La dernière carte qu'on...

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117 45 F. Après cela elle eut l'argent de ses effets, arc'hant he dillad. — Un autre fils, mort au Havre, à 28 ans, et qui naviguait depuis l'âge de 14 ans. — Pour le soi-disant « argent des effets », en liquidation, elle toucha 330 F. — Il avait 20 F. à la Caisse d'Epargne,...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 124

3e 2e récépissé de la somme de 11 F 14 toujours succession de Bellec Yv Mie décédé en mer en 1903. Le père, Louis Bellec, 74 ans. Marie n'Avalo, 67 ans, [illisible], un côté [illisible] « ... Je ne pouvais repasser certains jours dans mes souvenirs, sans me rappeler l'influence que...

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119 Des vaches broutaient, paisibles, dans les prés. Demain le ronflement de la locomotive et le fracas des wagons va les arracher à leur quiétude.. A Trédarzec où Edouard nous a rejoints nous laissons nos bicyclettes à l'auberge, le fameux café de la Paix, devenu café de la Paxi, et nous...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 126

120 reconnaître personne. Une d'elles marche un peu en avant des autres : elles est petite. Je la prends d'abord pour une vieille. Elle m'appelle par mon nom : je la dévisage sous son capuchon : c'est la délicieuse Anaïs, la figure ravagée par la fatigue et par la douleur. Nous...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 127

121 en s'époussetant la manche avec soin. Le vieux curé à boucles d'étoupes d'un blanc jaune brame très vite des oraisons bredouillées, tout en faisant signe à la croix de le suivre à l'église où il rentre. Après la cérémonie, je trouve Guillaume Job à l'auberge avec des gens de...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 128

122 du père Marec, l'inventeur du bateau à rames tournantes que l'on appelait le « torpilleur » et à bord duquel il a failli se noyer tant de fois, après avoir dépensé à le construire tout l'argent de ses poules, vendues à cet effet. Il y avait dehors, contre le muret du...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 129

123 s'appelait « le général Latour du Pin ». Le maître de pêche, à bord, était le fameux Rolland, de Bréhat, le père de Maria Labarre. Jean nous conte un de ses tours. Un jour, au Havre, retour de campagne, il fit hisser une baleinière au sommet d'un omnibus : il avait...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 130

124 abondait, mais les glaces étaient si nombreuses que la pêche en était comme paralysée. Le froid aussi était terrible, et d'effroyables bourrasques de neige soufflaient à tout moment. Pendant une de ces bourrasques, la bordée de quart refusa d'aller serrer les voiles « en...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 131

125 corps de chemise ». C'était un fier gaillard. Mais le capitaine américain n'en persista pas moins. La mort du lieutenant était la dernière goutte qui fait déborder le vase. Avant déjà, un matelot, pendant le quart de nuit, était tombé sur le pont, à demi gelé, puis la neige...

Carnet EG, 1889-1911 - Page 132

126 harpon. Parfois la bête vous entraînait très loin, et d'une vitesse folle, plus rapide qu'un train express. Et cela vous entraînait fréquemment à perte de vue du navire, si bien qu'on ne savait plus où il était. Pour toutes provisions à bord il y avait du biscuit et un tonnelet...