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Carnet ZF, 1925 - Page 57

57 [Page de l'agenda portant la date du vendredi 20 février] Aujourd'hui, arrivée de Kate et de Francis. Nous allons les attendre à la gare, après avoir pris congé des Beaufils et de Mme Nozal. - Nous avons manqué Kate et sommes venus au Crillon où nous étions avant elle. Nous sommes...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 110

107 temple dont la représentation y figure à mainte reprise sous la forme d'une jeune femme, si les dires de Saleh sont justes. Le dieu qui revient sans cesse est naturellement celui à qui le temple était dédié, le dieu à tête de crocodile, Sobek. - Noté dans une chambre, des...

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108 [dessin de soleil] L'ancien nom de Silsilah était, paraît-il, Silsilis, qui me rappelle, je ne sais pourquoi, Nizilzi, Ploumilliau. Un nilomètre, rive droite, au bord du fleuve, que le Nil ne recouvre jamais. Sur les collines du désert tout proche, des tours d'anciens moulins à vent....

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109 La ville se prolonge aussi sur la rive gauche, toute boisée, où un minaret pointe. Des trous comme des poternes dans les masses granitiques arrondies et pliés qui surplombent le fleuve rive gauche, avec des jardins suspendus à leurs sommets. Nous venons de nous arrêter au ponton...

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110 de mer basse, d'où la mer serait partie pour jamais. Traversé des cimetières et des cimetières, les uns musulmans, les autres coptes, les autres européens, ceux-ci particulièrement soignés. Le désert, mais avec des gens qui passent, des couples, l'homme marchant, la femme à...

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111 milieu de ce rude décor de pierre. Les jambes de nos rameurs - qui chantent par moment un rauque chant [cileumatique?], sont de la même couleur noir luisant que les roches granitiques du désert. Nous sommes assis sur l'un des sommets des pylônes : le Nil...

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112 maîtrisés par cette énorme digue de pierre. De place en place on a ménagé dans le parapet sud des espèces de balcons auxquels on accède par un escalier et d'où la vue s'étend sur tous les méandres de l'eau fuyante à travers les roches : à l'autre bout, autre perte d'eau...

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113 grands cairns sombres du désert les surveillait, semblable à quelque ibis humain, tout brillant de soleil, ou encore à quelque grand prêtre de ces solitudes pétrées, pays de méditation, de contemplation, d'hallucination, car, comme le remarque Lowell, le biographe de Lawrence,...

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114 de Shellal, sur le petit bras de Nil où nous avons pris les barques. Il paraît que Philae était naguère situé au milieu de ce village dont les maisons ont en grande partie disparu ou se sont transportées plus loin, à la suite de la construction du barrage. Il est midi : nous...

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115 la traversée s'accomplit aisément, non sans quelque alarme, certes, sans qu'il y eut grande raison d'en éprouver, car il n'y a de danger que si le bateau chavire." [Pendant que j'écris ces notes dans le writing room, le bruit ronflant, un peu comme celui d'une machine à battre, mais...

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116 Nos deux mêmes calèches à baldaquin nous ont menés d'abord dans la direction du Nord, en suivant tout le boulevard ombragé qui domine le fleuve et où sont les boutiques importantes ; puis nous nous sommes engagés derrière la ville, là où s'élèvent les huttes du village...

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117 la côte de la Mer Rouge que gagne une piste partant d'ici et connue, avec ses puits indispensables, de ces seuls fils du désert. Les femmes ont aux pieds des anneaux d'argent. [Entre parenthèses, nous en avons vu une laver son voile noir dans le Nil sur une pierre, pendant qu'un de ses...

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118 traversant la suite du cimetière, dont Saleh m'explique ainsi l'extraordinaire peuplement. La grande bataille par laquelle les Arabes se sont définitivement rendus maîtres de l’Égypte s'est livrée ici, et les tombes en boue, d'architecture parfois si intéressante et toujours si...

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119 palmeraies de l'île, la montagne d'or rose aux pentes de sable fin et lisse, avec sur la plus haute pointe, comme au haut d'un cap, une goubba toute blanche, comme un sémaphore sans mâts. Un vol d'éperviers enveloppe le bateau et, à chaque instant, s'abat pour pêcher auprès de nous...

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120 avoir créé à grands frais, avec de la terre rapportée, un jardin où poussent toute sorte de plantes. L'ancien village indigène d’Éléphantine occupait la hauteur où nous sommes, dominant des temples enterrés que l'on a cherché à remettre au jour et dont les énormes débris...

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121 eu soin de se jeter dès le lendemain de notre arrivée. Il fait très chaud, mais avec un souffle de brise toujours, et qui est vraiment délicieux. Ce 15 mars. Déjà sur la route du retour ! Nous venons de saluer Comombo au passage, sur son promontoire, planté de ricins dans le...

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122 L’Égypte, encore que le fanatisme Copte des premiers siècles ait ici, comme en bien d'autres endroits, piqué les personnages de façon à les rendre méconnaissables. Encore n'ont-ils pris cette peine que par places, et il y a là des sculptures qui touchent réellement à la beauté,...

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123 des bas-reliefs, très intéressants, en particulier les chasses en bateau (le bateau finissant et commençant par une tête d'épervier) où le principal gibier est l'hippopotame. Tout près du temple, mais en dehors est une mammisi ou maison de naissance. Je ne suis pas resté dans...

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124 Ce lundi 16 mars Nous arrivons à Luxor à 11h1/4 et sommes amarrés à notre ancien ponton devant le temple. Tout de suite les mouches se sont abattues sur moi : elles m'aiment décidément trop. La brise du voyage a cessé. Il va évidemment faire très chaud. - Comme correspondance...

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125 serpents. Tout de suite il découvre un scorpion au pied d'un palmier. Plus loin dans une ruine, il sent le cobra, et en trouve un, en effet, qu'il passe à son cou, pendant que Harry photographie la scène. Kate n'est pas convaincue. Alors, on refait l'expérience dans un jardin voisin....

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126 décombres, que l'un des gardiens fait sonner. Ce son de diapason très harmonieux et très mélancolique dans le soir. Le lac sacré est à côté, avec son eau sale et ses roseaux. Le soir y mettait sa mélancolie à laquelle ajoutaient les canards sauvages, qui voguaient en troupe...

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127 devant l'American mission qui a ici une école de filles et une école de garçons. Mais il ne doit pas y avoir beaucoup des filles et des garçons qui, dans la journée, jouaient à demi-nues, les unes, complètement nues, les autres sur la grève, sous nos yeux, en ramassant des...

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128 Tout le pays est vêtu de lumière. Des roucoulements de pigeons se prolongent amoureusement dans le soir. Le village de Luxor déboule dans le temple : ses enfants se roulent dans la poussière sacrée, au pied des obélisques et des statues colossales. Le profil étrange et quasi...

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129 il nous suffit vraiment de notre promenade de ce matin à la Vallée des Rois. J'ai vu le paysage d'après la vie : je suis descendu dans le royaume des ombres, dans le Tuat qui est quelque chose comme l'Hadès Égyptien : j'ai désormais dans les yeux cette désertique,...

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130 immaculé, grand, svelte, élégant, avec des gestes de la main dont il montre surtout la paume. Cette chasse au loup intuable est devenue une rente pour eux : ils ne tiennent pas à la manquer, ni Saleh non plus, semble-t-il. Harry y retournera demain matin : en attendant, il...

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131 ce n'est plus après toi que la lueur qu'on entrevoit d'un incendie lointain. Le ciel au- dessus verdit, prend sa teinte d'émeraude pâle. Et maintenant la lueur même de l'incendie ne subsiste qu'en quelques touches d'or très très pâles dont les nuages à peine formés de l'horizon...

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132 Nous entravons nos chevaux et nos vaches et nos moutons en Bretagne, mais notre procédé est moins barbare que celui des âniers égyptiens qui ligotent presque les deux pieds de devant de leurs ânes et les obligent à marcher ainsi, par bonds pénibles, comme des sauterelles sur trois...

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133 est grisâtre, plus du tout un ciel Égyptien. Phénomène curieux, le vent reste chaud, mais, dans l'après-midi, par instants, il s'y mêlait soudain comme un souffle plus froid sentant vraiment le septentrion. Nous avons franchi le pont de Naga Hamadi comme la nuit tombait et sommes...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 137

134 Les bruits des conversations sur la berge très peuplée viennent jusqu'à nous. Un train a passé tout à l'heure sur le pont, où la ligne passe de la rive libyenne sur la rive arabique, qu'elle suit jusqu'à son point terminus, Chellal. Car Loti a raison, le train va jusqu'à ce village...

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135 sommes. La chapelle de Pta procréateur avec son phallus partout. La barque solaire avec 2 éventails cette fois aux plumes bleu, blanc, rouge. - La salle de la tablette des Rois. Dans le couloir, Ramsès tenant un taureau par la queue, avec son père Seti derrière lui, avec un...

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136 Mots arabes en Égypte El Haouaje ou Haouaji = le monsieur, désignant l'Européen. Sitt = dame, pluriel sittat femme = Mara ou Houmé, pluriel harim Imshi = fiche-moi le camp, ne doit s'employer qu'avec des gamins. Dès qu'il s'agit de personnes ayant passé l'âge sans pitié, il vaut...

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137 une école primaire = [Kuttab?] un monastère égyptien = Khanga une fontaine monumentale = sabil ou sebil au revoir = [ma salami?] Said = bon matin (à un homme), Saida, à une femme Zaweya, ce que nous écrivons Zaouïa, = chapelle, - par...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 141

138 que l'histoire et leur antiquité leur donne le droit de se considérer comme une aristocratie de la prostitution. Elles prétendent que leur race se relie à l'origine à celle des Gypsies (du mot Égypte) avec qui elles ont beaucoup de coutumes communes. Les hommes sont répareurs...

Carnet ZE, [1915]-1925 - Page 142

139 même Nouveau Monde. Après être restées un instant palpitantes l'une devant l'autre, les castagnettes constamment tenues au-dessus de la tête, les deux danseuses recommencent à marcher l'une au devant de l'autre, à s'éviter, à pirouetter, à se retrouver face à face. En...

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[page blanche]

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140 [137 pour l'ancienne numérotation avant insertion des pages précédentes] J'ai arrêté ce carnet à la page 136, mais je continue ici un peu de notre journée du 19 mars, ne fût-ce que pour signaler le grand vent du Nord, d'ailleurs tiède, qui souffle en ce moment dans la vallée du...