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Carnet EF, 1897-1905 - Page 86

le Doigt de St. Jean, et l'eau qui y a passé est celle où on se lave les yeux. Dans le bas-côté nord, autel de la Vierge, flanqué des statues de St. Joachim et de Ste. Élisabeth. Le tableau du maître-autel représente le baptême du Christ. Dans le retable, deux médaillons...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 87

84 pousse aux deux flancs de la combe ses promontoires ajonneux, où ça et là percent des tons gris de roches. Le sommet de ces caps est nu, mais à leur pied sont des arbres qui doivent faire ici au printemps sur toute la bourgade sainte un prestigieux berceau de verdure. De la montée, à...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 88

85 l'église principale en forme de bas-côté nord, très bel autel du XVIIe siècle avec tableau portant cette inscription : Mre Jean Le Court, recteur de Plougasnou a doné ce tableau. - Jacobus Alix (?) pingebat anno 1668. - Ce tableau représente la scène du Rosaire avec la Vierge, St....

Carnet EF, 1897-1905 - Page 89

86 peints. Bas-côté de gauche. A gauche de l'autel, belle statue de St. Modez, d'un très beau style ; et, lui faisant pendant, un St. Yves, du même style, en évêque aussi et bénissant. Dans le chœur, au-dessus du maître-autel, belle statue de St. Antoine, en moine, son livre ouvert...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 90

était là. Le lendemain matin, revenu de sa soûlerie, il revient à l'auberge, dit bonjour à tout le mode et s'en va, en écorché. On ne s'occupe plus de Barthélémy. Au bout de quelque temps, on trouve le cidre de la barrique étonnant : c'était le meilleur du pays. On venait en boire...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 91

88 regardée d'aussi près. C'est une espèce de promontoire pierreux d'aspect noirâtre, relié à la dune de sable qui caractérise cette côte. Le dos est surmonté d'une guérite de douaniers, puis la pointe s'abaisse vers le large pour se relever brusquement dans une roche à forme de tour,...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 92

[Jarom?] an Drew, an oac'h [immodest?] Stag he gar da charréad Da charread an daou ha tri. Da gass da Iliz [Penmarc'h?] da interi. Ma c'houll ar merc'hed an eil eben — Piou anoc'h neuz guéled...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 93

l'intérieur d'un caveau funèbre, avec cette voûte. Une fenêtre carrée placée à trois mètres de hauteur éclaire le haut, percée dans l'épaisseur de la muraille. Dans un coin un buffet avec vitrines. Dans les deux angles, de chaque côté de la fenêtre, des armoires d'angle. Aux murs...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 94

91 à la grève rocheuse en face de Tréboul. Il y a là un petit môle avec un escalier. Inutile de prendre le bateau qui, d'ailleurs, ne nous servirait à rien. On passe à pied sec : de grandes dalles de granit, placées en file, forment un de ces passages comme les pierres de gués. Nous...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 95

plein de mystère et d'aspect vraiment divin. Après lui, la ligne s'abaisse et on la suist vers l'ouest jusqu'à la pointe extrême de la presqu'île de Crozon, jusqu'au Cap de la Chèvre. A ma gauche, des promontoires dorés, le pays de Beuzec, la ligne sud qui s'en va vers la Pointe du Raz....

Carnet EF, 1897-1905 - Page 96

93 Reçu aujourd'hui, mercredi 30 mars 1898 la visite de madame Le Cor (c'est ainsi que le fils orthographie son nom), la femme de "mon frère Yves". Il y a quelque temps, le fils, un garçon de 19 ans passés était venu m'apporter des manuscrits de sa façon, en particulier une sorte de journal...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 97

C'est un homme, vous savez, avec qui on ne sait jamais !" Au vrai, il n'y a peut-être même pas eu de proposition faite par Loti : ce sera encore un rêve éclos sans l'imagination du "goëland" qui m'a, du reste, l'air encline aux mirages. Quimper, 19 avril 1898 Carnoët. Notes prises...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 98

Un mot de Maggie, ce dimanche matin 3 avril 98 : "Jeudi est paille et dimanche est soie. Cela va bien ensemble, dame ! Paille et jeudi, soie et dimanche !" (suite de la page précédente) Quand une jeune fille poursuivie par plusieurs prétendants, elle donne son parapluie à...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 99

le plus souvent une douzaine de jeunes filles à qui ils vont distribuer la filasse. Elles doit être filée dans un temps déterminé. Le jour fixé venu pour rendre les tâches, les douze jeunes filles arrivent avec leur fil chez la fermière, et alors il y a grand repas auquel assistent...

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23 juin. En route pour St. Jean-du-Doigt. A notre gauche l'entrée de la Rivière, devant nous un marabout étrange, construit sur une tossen par un ancien officier d'Algérie, la pente à peine visible du Dourdû, et, sur la hauteur opposée, quelques maisons blanches qui sont le bourg de...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 103

100 qui annonce la maison de Park. Voici d'abord la maisonnette qui sert d'abri aux femmes, avec son four à l'extrémité, puis, c'est un puits à édicule, comme les fontaines sacrées, et enfin la maison qui est l'auberge. Parkik', en veste, sort de la maison du four. Nous entrons, après la...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 104

101 le tout balayé d'un souffle plus âpre. Les gens passent, les gars, leurs chapeaux rabattus sur le visage. Parfois seuls. Quelque fois, à deux, à trois. Ce ne sont du reste pas encore les vrais pèlerins : ils ne portent pas la gwialenn, la verge de saule écorcé. Ça et là des pins...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 105

Tout le long de la route, on a fait reblanchir les maisons à l'occasion du pardon. Par la claire- voie des chars à bancs des pèlerins, on voit pendre les herbes et les bottes de fourrage qu'ils emportent pour les chevaux. Une croix encore, un carrefour. Nous tournons à droite vers St. Jean. -...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 106

103 pour ensuite s'en frictionner les tempes et les yeux. Puis, le long de l'allée qui mène aux porches, sur les dalles funéraires déjetées, c'est toute la séquelle en bordure des mendiants : il y a des enfants couchés, recouverts d'un drap pour les préserver de la brûlure du trop...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 107

C'est la procession de Plougasnou qui arrive, non par la grand-route, mais par le chemin consacré, le raidillon qui serpente dans un ravin et passe à côté du fameux oratoire. Elle débouche maintenant du fond de la vallée, longe la ruelle, le long du cimetière : en avant, le Suisse...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 108

105 d'une croix de fleurs que le vent de mer, qui souffle du nord-ouest, a quelque peu rejetée en arrière. Mais la vue d'ici est admirable. C'est vraiment un lieu d'adoration. Droit devant soi, la ligne noire de la corde qui part d'un treuil, au levant de la fontaine, et file à travers le...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 109

des pierriers ; parvenu devant le bûcher, il s'arrête et on met le feu à la poudre. Ce bateau, c'est le St. Jean. Le clergé vient en dernier lieu avec les reliques, toutes portées à épaules par des prêtres. Les bannières sont appuyées maintenant au pignon de la grange de la ferme...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 110

107 Poussée, activées par le vent de nord ouest, qui souffle assez fort sur cette hauteur, la flamme prend, s'élance, lèche l'ajonc sombre de ses langues ardentes, et c'est un spectacle superbe, barbare. Pas un cri ; la foule s'écarte du brasier : les hautes flammes s'envolent dans...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 111

soigneusement frisés, la mine heureuse et fière. Il accomplit en effet un grave ministère et fort envié. C'est lui qui a mission de mener en laisse oanic Sant Yan, l'agneau de Saint Jean, un mouton qu'on élève tout exprès pour cette cérémonie et qu'une famille, désignée à l'avance du...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 112

109 Nous ne redescendons pas derrière lui avec la foule par la vieille côte. Notre dessein est de suivre à rebours le tour qu'a décrit la procession en montant. A peine nous sommes-nous engagés dans cet autre chemin que voici, à gauche, en contrebas de la route, une autre fontaine avec un...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 113

l'ombre d'une calme rangée d'ormes, puis par une ruelle bordée de vieux murs. La plupart de ces maisons de Saint-Jean sont vieilles, avec des airs nobles de manoirs, des fenêtres ouvragées ; avec meneaux, et des portes ogivales ou à plein cintre. A me rappeler surtout celle qui borde le...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 114

111 vont à pied, des femmes du Menez aré, de Huelgoat, de Poullaouen. Une poussière immobile flotte en nuées sur la bourgade. Dans les voitures passent quelques hommes ivres ; on les a relégués en arrière et ce sont les femmes qui conduisent. Et maintenant me voici dans ma chambre....

Carnet EF, 1897-1905 - Page 115

Notules ce matin, sur les huit heures, devant l'autel. Des paysans, un peu ivres, sans doute depuis la veille, passent, se serrent longuement les mains, se quittent. L'un d'eux, en veste à queue de pie, en chapeau à larges bords, en pantalon de berlinge bleu de prusse, à demi-collant, dit à...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 116

113 à peine, une béquille garnie de haillons dans sa main droite, sur laquelle elle s'appuie en se traînant et en priant. Deux autres la suivent, se dandinant comme elle sur leurs genoux d'un mouvement de barrique qui roule. Au dehors retentissent les appels des mendiants, leur jérémiade...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 117

GRET GANT Y:TANGUY DA Y:TOQUER. 1820. La cuisine est éclairée par le jour vert des arbres du cimetière. Des femmes mangent là, gaîment, le pardon fini. Nous sommes venus à Trégastel-Primel, cette après-midi du 24 juin. En longeant la grève pour gagner les Chaises de Primel, nous suivons...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 118

115 phare de l'île de Batz. Ici, sous mes pieds, c'est une vraie terrasse d'Elseneur, à plonger sur l'abîme. Ici sans doute, vint s'asseoir l'antique anachorète qui a laissé son nom à la région. Je rencontre là-haut un touriste inattendu, homme vénérable, qui déplore ce Kreiz Ker...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 119

et se tiennent gravement en contemplation devant les jeunes filles qui, selon le rite, leur ont confié leurs parapluies (cela s'appelle ici faire chénadek. Nous avons assisté à Saint-Jean au défilé de plusieurs de ces groupes de jeunes couples faisant chénadek, le galant portant le...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 120

117 à l'une des fenêtres de ma chambre. Ces hôtes sont exquis et le site est vraiment beau. Dans l'obscurité, un bruit bat, c'est la mer lointaine, là-bas, vers le Touron et les roches de l'entrée : ce bruit de mer est doux et triste, mêlé à des bruissements légers de feuilles...

Carnet EF, 1897-1905 - Page 121

118 à cause de l'enveloppement complet de la tête par la coiffe). A l'oratoire de Loretta, à Plougasnou, on porte aussi la première chevelure que l'on coupe aux enfants, lorsqu'ils ont la tête malade, pour demander leur guérison. C'est du moins ce que m'a dit ce matin la vieille Anna qui a...