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Carnet S, 1910-1914 - Page 50

47 Ce samedi 12 octobre 1912. Venu dans l'après-midi à Bréhat, avec Tonton. Fait de véritables kilomètres de sentier marin cimenté dans les roches de la basse mer pour embarquer et pour débarquer avant d'arriver à la place du bourg Joli vieux porche à plein cintre fermant une cour close,...

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48 le porche, contre le mur de ce porche, grand tableau représentant au fond et au-dessus la Vierge avec l'enfant Jésus, entourée d'anges, au-dessous, de chaque côté d'une table sur laquelle l'un deux à droite tient l'évangile ouvert, deux moines en robe blanche avec un signe rouge sur la...

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49 Toujours les petites maisons aux cours étroites avec de hauts murs qui leur donnent un air de bastides fleuries — Dans les chemins en venant, des bordures de Thalaspie semblables à des fleurs de trèfle blanc Le bourg, enfoui comme un nid dans un vallon, le clocher pointant à peine...

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50 maison voisine de l'imprimerie de Ar Bobl. Une des raisons qui l'avaient décidé à quitter Morlaix pour s'employer à Carhaix, ç'avait été précisément le désir de lier connaissance avec Jaffrennou, de s'instruire à son contact et de profiter de sa bibliothèque bretonne. Jaffrennou...

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51 de cet idéalisme qui est la caractéristique même du Breton proprement dit. Le propriétaire de Ar Bobl a un peu une âme de maquignon. Il n'est pas seulement fils de notaire, — et d'un notaire cornouaillais, habile et madré, — mais il est notaire lui-même, c'est à dire homme...

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52 Berre était censé faire abandon des fonds engagés par lui dans l'entreprise. Lorsque l'affaire marcha, Le Berre ayant besoin de son argent, s'avisa de demander qu'il lui fût restitué. Jaffrennou lui fit remarquer qu'il n'avait pas le droit de le retirer, qu'il l'avait définitivement...

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53 mais personne non plus ne lui pardonne de plus grand cœur. Le mot honore Le Berre, mais il est aussi en faveur de Jaffrennou. Encore qu'il y ait en celui-ci du je ne sais quoi, il a évidemment de grandes qualités par où il se rachète. Son affaire de Carhaix est, d'ailleurs, devenue entre...

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54 figure peu banale. IL a consacré à la genèse de ce mouvement un opuscule qui démontre surtout à quel point Jaffrennou a été la cheville ouvrière de ce mouvement : ce qui est sûr, c'est que, de tous les Bretons qui y ont pris part, personne n'a su en profiter comme le fondateur et...

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[55] Aujourdhui, lundi de la Pentecote, 1er juin 1914, pendant que Rennes s'ingénie à applaudir Poincaré, je suis venu avec Kik-Kik à ce qu'elle appelle la « Grande Pagne ». Nous avons longé le chemin de halage du Cabinet vert, et franchissant le pont, nous sommes descendus dans la...

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56 pour cela que j'éprouve le besoin de me la confier ici à moi-même, de lui donner un corps en la fixant dans ces pauvres lignes ? [Deux mots de Kik-Kik. Voyant que l'encre de mon stylo est bleue, elle dit : « Oh ! Tad, ta plume est jolie : elle est bleue comme la...

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57 en parlant de lui et naturellement, ce sont des [Carfort?], des [Sébert?], des [Tonnemine?] qui ont été invités au dîner du soir, c'étaient eux qui trônaient en première place, comme la parenté du poète,...

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58 à Saint-Brieuc a été de me faire mieux connaître Jean-Philippe, de Morlaix, originaire d'ici, pur Briochain, où il fut l'intime de Le Goff et du fameux Boulvard, de Brest, que j'ai retrouvé le dimanche matin, —— et de causer longuement ou plutôt de faire causer longuement cet artiste...

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59 tout gosse, il saisissait tous les vieux couteaux de rebut qu'il trouvait et avec un marteau s'amusait à sculpter de façon barbare, les pierres des portes ou des fenêtres dans la maison de son père. Hommage qu'il rend à ses fils et qui était pour me remuer singulièrement. — Ah !...

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60 [page blanche]

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61 Ce mercredi 3 juin 1914 Notes prises dans d'Argentré sur Anne de Bretagne : p. 1096 : « lesquels sous couleur d'aller à Nantes au secours de luy (François II) pour lever le siège avoient pris la croix blanche suivans les Français. » Petite, on l'appelait :...

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62 La Bataille : « se plantèrent les Bretons sur le gd chemin de l'ennemy, ayant un petit bois taillis à costé, situé entre Sainct Aubin et le bourg d'Orange... ... Tous ceux qui se trouvèrent porter la croix rouge furent défaits sans rémission » (massacrés)... « Le...

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63 alliance qui s'ensuivit, ayant incessamment un remords de conscience d'avoir promis et fait faute à Maximilian, auquel elle retenoit une grande affection » p. 1126 Que d'instances pour la faire céder ! : « Elle avoit le cœur infiniment hardy, haut et indomptable, mais...

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64 et tendoit toujours à s'en retourner » p. 1158 « ... la mort de la Royne Duchesse, laquelle estant à Blois tomba malade le second jour de janvier (1514) » Elle mourut le 9 janvier Un jour que le comte de Laval se trouvait au conseil du Roy, il se trouva quelqu'un qui luy...

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65 maladive » p. 1166. « Aucuns des François écrivains l'ont picquée (accusée) de vindication et colère » — très impulsive, en somme, et se repentant presque aussi vite « elle se repentoit fort de s'être courroucée » « Depuis qu'elle eut perdu son...

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66 Bretagne, roi d'armes de la reine, fut chargé de la préparation de la cérémonie funèbre. « Sa taille était belle et médiocre : il est vray qu'elle avoit un pied plus court que l'autre le moins du monde, car on s'en appercevoit peu (Brantôme, Dames Illustres, t. V.) —...

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67 cessa jamais d'être fasciné par Antoinette. Le charme durait encore quand il la perdit en [1475?]. Ce fut seulement après la mort de sa maîtresse que le roi eut de sa femme deux filles : « Ce prince, dit d'Argentré, aima fort les femmes en son...

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68 nom du roi son maître comme les gds seigneurs ont usance de faire » Les fiançailles avec Charles VIII eurent lieu dans la chapelle Notre-Dame « située aux portes de Rennes ». Dans l'intervalle du mariage et des fiançailles, celui qui y avait le plus travaillé, le comte de...

Carnet S, 1910-1914 - Page 72

69 Le vendredi 29 août 1494, Charles VIII, après avoir entendu la messe embrassa encore une fois Anne de Bretagne, puis montant à cheval se dirigea vers l'Italie. Mortel déplaisir de la reine. L'Italie, pays classique du poignard et du poison. Aumône et prières, surtout dans les églises de...

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70 Vers la tombe de Maharit, Ce lundi 8 juin 1914. — Pluzunet. Me voici chez Emile Guillouzic, dans la vieille maison, un peu requinquée à la moderne, qui vit si souvent mon père aux tout premiers jours de sa carrière et alors qu'il commençait d'aimer la noble femme de qui je suis issu. —...

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71 en place, une horloge au timbre puissant abat les onze coups. C'est la nuit, une nuit douce, fraîche, car il a plu dans le soir, et étrangement peuplée de tout le monde muet des souvenirs d'autrefois. Ce pays de Pluzunet, longtemps isolé de partout, a gardé je ne sais quel aspect...

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72 En route, Mme Mosher évoque des souvenirs de Maharit. Elle me conte comment elle la connut la première fois au Congrès de l'Union régionaliste, à Guingamp, lorsque Vallée et Le Moal la lui amenèrent à l'Hôtel de France. Elle chanta à cœur perdu pour elle. Mme Mosher la pria de...

Carnet S, 1910-1914 - Page 76

73 Nous saluons au passage les chapelles qui jalonnent tout ce pays vert en contre-bas du Menez- Bré dont la croupe longue se profile en bleu ardoise au-dessus des verdures riches du bas pays : c'est d'abord, sur notre droite, car nous allons comme à reculons, la flèche de St Eloi, le...

Carnet S, 1910-1914 - Page 77

74 l'ex-veuf, vite consolé de Marguerite, a entendu stopper la voiture, et tout de suite est sorti. Il m'a reconnu, il a reconnu Mme Mosher et s'avance vers nous, avec un bon rire élargissant ses babines de babouin rasé. — Digor ar gleut, Baltas, lui dit le conducteur. Il faut, en effet,...

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75 Car les écuelles du repas sont encore sur la table. Les vieux meubles s'alignent contre le mur du fond. A droite du foyer est un lit moderne : la table, aboutie à l'unique fenêtre est protégée contre le vent de la porte par une demi cloison de planches. A ces planches est suspendue...

Carnet S, 1910-1914 - Page 79

76 — J'étais dimanche à la grand' messe, quand le recteur l'a annoncée au prône, me dit la femme. Nous regagnons la route de Cavan à Pluzunet, que suivent maintenant des poteaux télégraphiques. Passé Pont-Ar-C'hlan, dans la côte abrupte, nous apercevons une femme qui titube, en la...

Carnet S, 1910-1914 - Page 80

77 filles passent et courent au cimetière pour s'y abriter sous le porche ouest, sans doute en attendant le catéchisme, car, quelque temps après, je les vois se précipiter dans l'église, avec des livrets aux mains. Je note des choses d'hier. Mme Mosher m'a raconté qu'elle vint en Bretagne...

Carnet S, 1910-1914 - Page 81

78 d'eau, à moins que St Barnabé... dont la fête tombe 3 jours plus tard. Je viens d'aller à l'église voir les restes de Marguerite. Le fossoyeur les a mis dans un petit cercueil vernissé sur lequel on a cloué des rubans de tresse noire, le long des arêtes et sur le couvercle, selon la...

Carnet S, 1910-1914 - Page 82

79 l'on allait chez le Tonton [Pasquiou?]. Pluzunet est situé sur un sommet de colline qui dévale en pentes verdoyantes toute chargée de champs et de bois vers la vallée du Guindy. C'est un moutonnement d'arbres d'où monte, après la pluie cessée, et sous le soleil...

Carnet S, 1910-1914 - Page 83

80 les cheveux tout noirs. Il a tout à fait une tête de serf gallo-romain. Du reste tout ce pays donne cette impression : les gens y ont des airs de Ligures plus que de Celtes —— (Coatléven) Marguerite (Maharit) Bourdon, de Minihi-Tréguier, plus exactement de Sant-Dreno, vint à...

Carnet S, 1910-1914 - Page 84

81 C'est elle qui s'occupait des enfants, de leurs vêtements, leur faisait réciter leurs leçons (bien qu'elle sût à peine lire) — Elle leur apprenait leur catéchisme, les tenait avec une propreté remarquable, et se chargeait de toutes ces responsabilités, de toutes ces fatigues,...

Carnet S, 1910-1914 - Page 85

82 Du reste sa sœur, Françoise, était entrée à quinze ans, chez la grand mère d'Eugénie, chez Mme [illisible?], à la Roche, et y est restée jusqu'à sa mort, à 66 ans, et y est morte subitement, en essuyant un verre, ces jours derniers. Le dévouement était...