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=== loix coutumières === | === loix coutumières === | ||
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| + | Pour insister sur l'absurdité du juge personnel je posai le cas suivant : un homme du Bⱥgemödr | ||
| + | se trouve en dispute dans le Tögray : on l'accuse comme c'est le defenseur qui nomme son juge il dit | ||
| + | ras danae. D. oubi le juge neanmoins et lui fait payer amende : quid ? — le Ras emprisonnera | ||
| + | le 1.er homme de Sömen ou du Tögray qu'il trouvera jusqu'à ce qu'on lui ait renvoyé son sujet. | ||
| + | c'est ce qu'on ዘቦ፡ zⱥbo et [un?] moyen, dans un pays où l'on est toujours en voyage, comme | ||
| + | [sold cet?] prêtre ou marchand fait que l'on craint d'enfreindre les droits de son voisin même | ||
| + | d'un district à l'autre. Mais quand je posai le cas de deux hommes dans Gondⱥr disant l'un | ||
| + | que son juge est D. Oubie, l'autre que le sien est D. Börrou quid ?— ma foi l'affaire en | ||
| + | restera là. Et si D. Oubie est en guerre avec le Ras n'attachera-t-il pas celui qui viendra | ||
| + | demander justice chez lui ? — non à moins qu'il n'y ait zⱥbo car le droit international | ||
| + | si je puis ainsi dire ayant été enfreint on l'enfreint à son tour. | ||
==== impot personnel b ==== | ==== impot personnel b ==== | ||
| + | l'idée de l'impot personnel est entièrement inconnue en Abyssinie : il en est de même des | ||
| + | patentes <u>personnelles</u> mais cet impot commence à poindre car les couseurs d'adⱥbabay en corps il | ||
| + | est vrai donnent 10$ par an au Roi. les gacha sagwadj donnent 3 boucliers par an un au Roi | ||
| + | deux pour obtenir l'entrée au Palais. | ||
==== arbres c ==== | ==== arbres c ==== | ||
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| + | Le bris d'arbres <u>près d'un domicile</u> est passible d'amende et si l'arbre est jeune on paie | ||
| + | peu. l'idée de conserver des bois est inconnue. | ||
==== portes et fen. d ==== | ==== portes et fen. d ==== | ||
| + | Si un seul propriétaire a plusieurs huttes chacune ayant son feu il ne paie que pour | ||
| + | un seul feu malgré le nom de l'impot yⱥŧis *t*ⱥw (le sel de la fumée). | ||
==== quotité de l'impot e ==== | ==== quotité de l'impot e ==== | ||
| + | Si un village abandonné est habité ensuite il est tenu de payer ses anciennes contributions | ||
| + | d'après le témoignage des anciens : si ceux-ci sont tous morts le choum demande selon son bon | ||
| + | plaisir et s'il n'entend pas raison on quitte le village car aucun juge ne peut prononcer sur | ||
| + | la quotité de l'impot et il n'y a même aucune règle là-dessus. En général toutes les terres | ||
| + | privilégiées tendent à perdre leurs privilèges et à payer impot. Si un contribuable | ||
| + | refuse l'impôt, on envoie des garnisaires chez lui. l'impôt se paie à jour fixe et on n'accorde | ||
| + | jamais de delai. | ||
==== terres d'eglise franches f ==== | ==== terres d'eglise franches f ==== | ||
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| + | bⱥ dⱥbtara yallⱥ göbr il n'y a pas de contributions pour le dⱥbtara | ||
| + | <s>bayn yallⱥ bögör</s> | ||
| + | bⱥ sⱥmay yallⱥ dour il n'y a pas de <s>bouton</s> foret dans le <s>'oeil</s> ciel | ||
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| + | axiome qui montre que les | ||
| + | rim ne contribuent pas aux | ||
| + | impots. | ||
==== us Juifs g ==== | ==== us Juifs g ==== | ||
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| + | Le livre de Ruth IV-4. montre que les Juifs comme les Abyssins avaient pour principe de faire | ||
| + | entrer dans la famille le patrimoine que la pauvreté oblige à vendre. | ||
==== assignation h ==== | ==== assignation h ==== | ||
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| + | une partie n'a pas le droit d'aller tourmenter une autre chez elle mais le daña c.a.d. en ce cas | ||
| + | le domestique du juge commis pour porter l'assignation verbale a le droit d'entrer même de force | ||
| + | pour faire savoir le tⱥmⱥtöñallⱥh. Mais si l'assigné est dans un sanctuaire (gⱥdam) et que le | ||
| + | daña ne soit pas en même tems juge de ce sanctuaire personne n'a le droit de le toucher ; car sa | ||
| + | personne et ses biens sont sous la sauvegarde du sanctuaire. | ||
==== manière de plaider i ==== | ==== manière de plaider i ==== | ||
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| + | La manière de plaider des Abyssins est caracteristique et remplie de précautions car dans un | ||
| + | pays où la religion et la loi semblent avoir la crainte pour principe, on se défie de tout le | ||
| + | monde. Le demandeur, la toge ceinte (tatako) commence par dire tⱥŧayⱥk' (sois demandé) : le | ||
| + | défenseur repond : liŧⱥyⱥk (qu'il demande) : le défenseur en prend acte en disant à son tour : | ||
| + | tⱥŧayⱥk', liŧayⱥk' puis continue p. ex : comme quoi ton ane a brisé<s> ma</s> une haie sais-tu ou ne sais | ||
| + | tu pas ? — défenseur : je sais. — dem. tⱥŧayⱥk' liŧayⱥk' comme quoi cette haie est à moi | ||
| + | sais tu ou ne sais tu pas ? etc. on procède toujours par dilemme et l'on farcit sa plaidoirie | ||
| + | des axiomes rimes ci-dessus. chaque fois que le défenseur répond au dilemme, le demandeur pour | ||
| + | l'empêcher de retracter, ajoute wangel (de par l'evangile ?) ? et le defenseur répond wangel ya- | ||
| + | -dⱥrⱥgⱥböñ (qu'on m'applique l'évangile) ce qui est föŧöm. | ||
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==== lese-majesté j ==== | ==== lese-majesté j ==== | ||
| + | Tout le monde est dⱥmⱥña de celui qui tue le Roi ou l'Aboun mais non de celui qui tue | ||
| + | un moine quand bien même ce serait l'ⱥ*t*ⱥge. | ||
==== faux en cour k ==== | ==== faux en cour k ==== | ||
| + | Quand on dit wangil yadⱥrⱥyⱥböñ c'est un fⱥŧöm tout comme la mort du Roi et s'il est | ||
| + | prouvé ensuite qu'on a dit wangil faussement, on doit à Gondⱥr 40 sels. Si l'on a menti par la mort du | ||
| + | Roi la peine depend entièrement du bon plaisir du Roi ou du juge qui le représente. | ||
==== mots sacrementels l ==== | ==== mots sacrementels l ==== | ||
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| + | En Dambya vu la présence habituelle du souverain il n'y a pas de Sⱥbⱥr ou bris de formes sacrementelles | ||
| + | en Bⱥgemödr quand une partie a fait toutes ses demandes l'autre lui dit, allⱥkam ? — et l'on répond : wⱥsⱥdⱥh | ||
| + | mⱥlⱥs ou bien fⱥdjout et si ces mots sacrementels n'ont pas été prononcés il y a Sⱥbⱥr. A Gondⱥr aussi | ||
| + | on dit fⱥdjⱥhⱥn ? mais on n'y est pas contraint. | ||
==== formalités du pari judiciaire m ==== | ==== formalités du pari judiciaire m ==== | ||
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| + | Quant au pari si le juge est un rustre (balage ou maitre de terre) il reste assis la main droite ouverte(et la paume en dessus | ||
| + | et celui qui propose le pari ferme cette main en apportant ce qu'il parie, la main du juge étant un | ||
| + | témoin muet. Ensuite celui qui accepte le pari ouvre la main du juge et donne caution pour le cas où | ||
| + | il ne pourrait pas payer le pari. autrement si le juge est le domestique d'un homme de rang et | ||
| + | ? jugeant debout ce qui arrive souvent on fait un nœud à un coin de sa toge en offrant le pari et | ||
| + | l'accepteur ouvre ce nœud. Si l'on parie une mule sans désignation c'est 15 $ à Adwa et 10 $ à Gondⱥr | ||
| + | un <u>frida</u> ou vache grasse est 30 amole de droit mais on parie souvent un frida de 2 ou même de 4$ | ||
| + | ou bien telle mule blanche ou noire etc. La quotité du pari judiciaire est entièrement facultatif. on | ||
| + | bⱥ wakkⱥt yallo wakkⱥt celui qui a une once d'or par once | ||
| + | yallalo [?] dourgo dⱥk'ⱥt celui qui n'en a pas par un dourgo de farine | ||
| + | peut même parier deux | ||
| + | onces de poivre d'où | ||
| + | l'axiome ci-contre. Si l'on prefère on ne parie même pas du tout et le juge n'a alors que ses frais | ||
| + | de justice. | ||
==== nobles n ==== | ==== nobles n ==== | ||
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| + | Le wayzⱥro plaide toujours assis à moins qu'il n'este comme avocat auquel cas il reste | ||
| + | debout ou assis comme il convient à sa partie. | ||
==== huis clos o ==== | ==== huis clos o ==== | ||
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| + | Il n'y a jamais de huis clos : même le Roi juge portes ouvertes et dans tous les cas. | ||
==== témoins p ==== | ==== témoins p ==== | ||
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| + | Le seul cas où les témoins deposent en présence du juge est celui où il s'agirait d'un fait passé à | ||
| + | l'audience comme p. ex. une insulte d'une partie envers l'autre. En règle le juge commet un domestique juge | ||
| + | qui va avec les deux parties ou avec leurs représentans recueillir les témoignages dans la maison de chaque | ||
| + | témoin et ce système est fort bon [vû?] l'isolement de chaque témoin, sa sécurité auprès de son propre foyer, | ||
| + | et peut être surtout l'habitude de farniente qui empêche tous les Abyssins d'arriver à l'instant fixe d'un | ||
| + | rendez-vous. Si au retour lors du rapport verbal du domestique juge, l'une des parties s'adressant au | ||
| + | juge l'accuse de faux rapport, ce dernier commet un 2e domestique juge qui recueille les témoignages | ||
| + | une 2e fois. Il s'ensuit de ce système qu'il n'y a ni serment ni föŧom appliquable aux temoins. | ||
| + | En thèse générale nier la verité du rapport du domestique juge est accuser l'impartialité du juge lui-même | ||
| + | et l'on s'en abstient le plus souvent. Si l'on a faussement accusé la vérité du rapport on doit des dommages | ||
| + | au juge. Si une partie amenait ses témoins en cour avec elle on ne manquerait pas de l'accuser de les | ||
| + | avoir embauchés (ababalo mⱥŧa). | ||
==== vindicte publique q ==== | ==== vindicte publique q ==== | ||
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| + | Dans le cas de meurtre sans temoins le Roi met des garnisaires dans tout le village jusqu'à ce qu'on | ||
| + | ait déclaré l'assassin. c'est ce qu'on nomme afⱥrsata. | ||
==== musulmans r ==== | ==== musulmans r ==== | ||
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| + | Comme on ne peut pas refuser de dire wangel en justice quand on vous le propose, aucun | ||
| + | musulman ne peut être avocat et si un musulman plaide sa propre cause il est forcé d'accepter le | ||
| + | wangel que l'on regarde comme un fötöm ou déclaration civile et non comme une decl. religieuse. | ||
==== Lik'aount s ==== | ==== Lik'aount s ==== | ||
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| − | + | Selon la règle antique on ne pouvait être nommé Lik' si l'on ne connaissait le fⱥtha nⱥgⱥst : mais | |
| − | + | la pureté de l'institution se perdant et la vénalité s'étant glissée dans les charges on plaida que l'on avait | |
| − | + | le droit d'hériter de la charge de Lik' et cette prétention fut admise moyennant 30 wakkⱥt d'or qu'on | |
| − | + | paie aussi bien que souvent on ne sache pas lire. Lik' Atkou tout instruit qu'il était ne | |
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