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| − | Il est mer basse. | + | Il est mer basse. Les vases verdâtres sont découvertes ; des |
| + | mouettes en chasse y sèment de délicieux points blancs. | ||
| + | De l'autre côté des vases, en face de moi, est la berge gauche | ||
| + | avec les masses somptueusement colorées des bois de [Lanniron?]. | ||
| + | Un balustre de pierre domine la grève : on rêve de | ||
| + | s'y voir accouder quelque châtelaine d'antan, quelque | ||
| + | Dame du temps Passé. Et tout cela est très grave, très | ||
| + | doux aussi, très « arrière-saison » - Octobre m'apparaît | ||
| + | un pue comme ce calme et noble paysage d'eau, de | ||
| + | ciel, de bois, plein de silence, de sérieurx un peu triste. | ||
| + | A peine un roulement de voiture lointaine, ou un ruissement | ||
| + | de brise dans les poins de Kerlagatu, sur ma droite. | ||
| + | Octobre se symboliserait bien, ce me semble, dans un parc | ||
| + | profond, aux lignes amples et nobles, une architecture de | ||
| + | frondaisons aux couleurs passées, dévalant par grandes | ||
| + | masses lourdes et embaumées, comme les ondes d'une | ||
| + | chevelure immense. Dans ce parc, une grande pièce | ||
| + | d'eau, avec des laintains violets, des fuites infinies, une | ||
| + | barque endormie près de la rive, dans les roseaux, depuis | ||
| + | les départs -. C'est le repos, le recueillement et comme l'entrée | ||
| + | dans l'éternel. Rien de vivant que les nuages du ciel, | ||
| + | leurs grandes formes magnifiques et calmes, leur allure | ||
| + | lente, un air de demi-paresse majestueuse, toujours | ||
| + | comme des cygnes mystérieux dont le glissement passe sans | ||
| + | presque déchirer le miroir uni de l'eau qui les porte. | ||